Durant 3 jours, une consultation a été lancée parmi les directrices et directeurs membres du #S2DÉ. Nous avions choisi ainsi volontairement de prendre quelques jours pour écouter et entendre les collègues et analyser leurs envies d’action. Force est de constater, si elle n’est pas unanime, que la volonté de faire « grève » revient très majoritairement dans les propos.

Le Bureau National du Syndicat des Directrices et Directeurs d’École s’est réuni ce dimanche matin et a décidé unanimement de lancer un appel à la grève pour la journée du jeudi 13 janvier 2022 et de rejoindre ainsi les autres Organisations Syndicales participant à cette journée.

Notre jeune syndicat lance donc ici pour la première fois un appel à la grève, c’est certes historique mais ce n’est pas de gaieté de cœur, loin de là. Nous le faisons tout simplement pour le bien-être de nos élèves qui vivent depuis novembre un enseignement totalement dégradé ; notre métier qui est d’assurer leur réussite scolaire, n’est plus envisageable selon les conditions sanitaires actuelles et changeantes que nous dicte notre ministère de tutelle. 

Notre syndicat est né en juillet 2021 pour améliorer le quotidien de tout directeur. Il a été créé pour obtenir une meilleure reconnaissance de la fonction par les familles, les collectivités, la hiérarchie et par notre ministère, celui de l’Éducation Nationale. 

Nous avions donc dernièrement par plusieurs courriers ou interventions dans les médias, interpelé directement ou indirectement le Ministre sur la situation quotidienne que les directrices et directeurs d’école gèrent depuis mars 2020 dans chacune des 45 000 écoles. Lettre morte. Nous recommencerons pourtant.

Les 48 protocoles successifs en 20 mois, notamment les 3 derniers sortis en moins d’une semaine, ont totalement désorganisé la vie des établissements ; les écoles sont ingérables depuis une semaine, les relations avec les familles sont parfois tendues malgré le professionnalisme des collègues. 

Notre syndicat demande donc solennellement à M. Jean-Michel BLANQUER, ministre de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports, d’ici à mercredi 12 janvier, des garanties sur les 5 premières mesures suivantes qui, selon nous, permettraient déjà un retour rapide à une gestion plus vivable de l’épidémie actuelle :

  • Retour au protocole de novembre qui stipulait un cas positif = fermeture de la classe 5 jours avec un test antigénique pour le retour pour tous les élèves le 6ème jour. Mise en place du distanciel durant les 5 jours.

  • Distribution dès la semaine prochaine de masques chirurgicaux dans toutes les écoles élémentaires avec le relais des circonscriptions à raison de 2 masques par jour par personnel (Enseignants, AESH, PsyEN…).

  • Distribution dès la semaine prochaine de masques FFP2 dans toutes les écoles maternelles et pour les collègues de l’élémentaire qui le souhaitent avec le relais des circonscriptions à raison de 1 masque par jour par personnel (Enseignants, ATSEM, AESH…).

  • Distribution effective de 2 autotests par semaine pour tous les enseignants et les personnelsqui aident au quotidien nos élèves.

  • Arrêt des remontées des tableaux des cas contacts en cas d’un élève positif dans une classe, remontée simple de la fiche tracing de l’élève concerné.

Nous proposerons dans les jours à venir d’autres mesures complémentaires qui, selon le #S2DÉ, permettraient une meilleure adaptation à la crise sanitaire.

Lundi, chacune des directrices, chacun des directeurs, sera bien évidemment libre de se déclarer gréviste jeudi 13 janvier 2022.

Le Syndicat des Directrices et des Directeurs d’École sait que la retenue financière d’une journée de grève pèse dans un salaire largement inférieur à la moyenne européenne d’un directeur d’école, sait que les grèves précédentes n’ont pas toujours abouti à une meilleure reconnaissance, sait que priver nos élèves d’une journée de classe dans leur scolarité si particulière depuis 2 ans n’est pas aisé ; nous en sommes conscients. 

Cependant depuis quelques jours, le chaos est là. Le Syndicat interpelle donc le ministère de l’Éducation nationale par cette journée de grève, sur l’impossibilité actuelle aux élèves du primaire de vivre une scolarité sereine et apaisée.

Les écoles vivent une crise sanitaire sans aucun précédent dans l’histoire. Les 45 000 directrices et directeurs d’école attendent de la part de M. BLANQUER un geste fort d’ici à mercredi en annonçant qu’il tient enfin compte à la fois des millions d’élèves dont il est responsable et des personnels en charge chaque jour de la crise.

Si M. le Ministre n’accède pas à ces mesures pourtant simples et faciles à mettre en œuvre, nous confirmerons cette journée de grève et serons présents dans les cortèges syndicaux.  

Au-delà du 13 janvier, si nous ne sommes pas entendus, le #S2DÉ pourrait proposer aux directrices et aux directeurs une grève administrative.

Nous espérons ne pas en arriver là, le bon sens doit l’emporter, la santé de tous doit être préservée, la réussite scolaire doit être garantie. 

Thierry PAJOT, Secrétaire Général du Syndicat des Directrices et Directeurs d’École au nom du Bureau National, Gonfaron, dimanche 9 janvier 2022