Une nouvelle question d’une parlementaire sur les difficultés de l’inclusion dans nos écoles est parue au Journal Officiel, elle est parue le 27 février 2024.

La voici.

“Mme Chantal Jourdan appelle l’attention de Mme la ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse sur les alertes de la communauté éducative ainsi que des parents d’élèves concernant la réalité de l’inclusion des élèves en situation de handicap à l’école.

Elle souhaite tout d’abord redire son attachement à l’objectif indispensable de permettre à chaque enfant porteur de handicap de trouver sa place dans la société et donc en milieu scolaire dit «ordinaire».

Cela doit se traduire par une véritable politique inclusive, bénéfique pour tous les enfants, pour le vivre ensemble et l’égalité des chances. Tout doit être mis en œuvre pour que cette inclusion se fasse dans la préservation du bien-être des enfants en situation de handicap.

Or sur le terrain, ce n’est pas toujours ce que l’on peut constater. Cela est dû en très grande partie à un manque de moyens humains et financiers. En effet, les politiques inclusives des dernières années n’ont pas été accompagnées de budgets suffisants, de créations de postes et de formations nécessaires.

Tout d’abord, l’accompagnement des enfants est souvent défaillant par manque de professionnels tels que les infirmiers, psychologues et assistants sociaux qui doivent être des interlocuteurs privilégiés pour les familles et les enseignants.

En conséquence, de nombreux enfants se trouvent sans solution adaptée à leur situation. A l’école, pour réussir l’inclusion, le rôle des accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) est primordial.

Malheureusement, ce métier reste très peu attractif au regard des salaires, des conditions de travail et de la formation insuffisante. Certains enfants sont privés des accompagnements nécessaires. In fine, les enseignants se retrouvent bien souvent seuls face à des enfants présentant des signes de souffrance qu’ils ne peuvent soulager et qui altèrent la bonne qualité des relations attendues dans une vie de classe.

Dans un contexte où les conditions d’enseignement sont déjà de plus en plus difficiles, avec des effectifs encore trop importants, des remplacements non assurés, des problématiques annexes qui viennent s’ajouter à la charge de travail des enseignants, l’inclusion des enfants porteurs de handicap perd son objectif premier.

Malgré la volonté des professeurs d’adapter leurs enseignements à destination de tous, ils se retrouvent démunis face à certains troubles. Il est évident que la formation des enseignants et la présence de professionnels qualifiés à leurs côtés doivent être renforcées.

Par ailleurs, alors que la loi l’oblige, il est avéré les enfants relevant de dispositifs spécialisés ne sont pas comptabilisés dans les effectifs des classes au moment de la carte scolaire et des dotations horaires globales. Ils rejoignent alors des classes surchargées dans lesquelles l’accueil ne peut être optimal. Cela est absolument anormal.

Dans ce contexte, la mise en place des groupes de niveau au collège risque de renforcer l’ensemble de ces problématiques, d’ajouter de la stigmatisation et d’affaiblir les effets positifs de l’inclusion pour les enfants en situation de handicap et pour le vivre ensemble.

Aussi, elle souhaiterait savoir ce que le Gouvernement compte faire, en urgence et sur le long terme, pour permettre au système d’inclusion en milieu scolaire de retrouver toute sa pertinence et ses bénéfices.”