
3e journée de la Mule ce jeudi 19 mars 2026
Le S2DÉ enverra directement vos témoignages au ministre Edouard GEFFRAY à la fin de la semaine prochaine, la date limite pour recevoir vos témoignages à 24heures6mois@s2de.fr est donc fixée au mercredi 25 mars 2026.
Quelques premiers retours déjà reçus car des collègues sont en décharge les jeudis et ont donc choisi de raconter une autre journée de la semaine.
Brigitte, 14 mars 2026
Monsieur le Ministre,
Dans le cadre de la Journée de la mule initiée par le S2DÉ (Syndicat des Directrices et Directeurs d’École), je souhaite vous transmettre le récit d’une journée de travail ordinaire, révélatrice des conditions d’exercice de la direction d’école aujourd’hui.
La Journée de la mule repose sur une métaphore simple : la mule est un animal robuste à qui l’on confie toujours plus de charges, en partant du principe qu’elle tiendra, qu’elle s’adaptera et qu’elle avancera malgré tout. Cette image illustre la réalité de nombreux directeurs et directrices d’école : les missions s’accumulent, les responsabilités s’élargissent, mais les moyens n’augmentent pas.
Ce que je vous décris ci-dessous n’est ni une situation exceptionnelle ni un jour de crise. C’est simplement une journée ordinaire.
Je suis directrice de l’école maternelle Carnot à Souppes-sur-Loing, en Seine-et-Marne. L’école compte quatre classes. J’enseigne également deux jours par semaine. Mes missions se répartissent entre la direction, l’enseignement et mon engagement syndical.
Aujourd’hui, vendredi 13 mars, je suis en classe avec 20 élèves : 11 grandes sections et 9 petites sections. Parmi eux, un élève à besoins particuliers dont l’accompagnement par une AESH est incomplet : l’aide prévue par la MDPH est de 18 heures hebdomadaires, mais seules 12 heures sont assurées. Comme dans de nombreuses écoles, le manque d’AESH m’oblige à organiser moi-même la répartition de cette aide afin que chaque élève notifié puisse en bénéficier un minimum.
La journée commence à 7 h 30 par la consultation de la boîte mail de l’école : un enseignant est absent. Il faut prévenir l’inspection, informer les parents, prévenir la mairie et surveiller l’arrivée d’un éventuel remplacement.
Avant même d’arriver à l’école, je reçois un appel de l’inspection m’indiquant que ma demande d’absence syndicale, pourtant de droit, pourrait entraîner un retrait d’1/30 de salaire pour moins d’une heure d’absence. Cette absence vise simplement à accompagner une collègue convoquée par son inspecteur, après plus de vingt-cinq ans de carrière, dans une situation particulièrement difficile.
À 8 h 45, nous ouvrons le portail pour accueillir les élèves. Ces temps d’accueil quotidiens ne sont pas comptabilisés dans notre temps de travail. Ils représentent pourtant plus d’une heure supplémentaire chaque semaine.
À 8 h 50, j’accueille la remplaçante envoyée pour la collègue absente, lui explique le fonctionnement de l’école et lui indique sa classe.
Entre deux temps de classe, je consulte régulièrement la boîte mail de l’école : signalements d’absences d’élèves, demandes de l’inspection, sollicitations de la mairie, gestion administrative de l’OCCE, conventions de stage, certificats de scolarité, organisation du spectacle de fin d’année.
Parallèlement, je gère les situations imprévues : transmission d’informations médicales concernant un élève, accompagnement d’une collègue convoquée par sa hiérarchie, préparation du calendrier des réunions et obligations à venir (équipes éducatives, équipes de suivi de scolarité, conseils des maîtres, conseils d’école, dépistages de santé, natation, PPMS, animations pédagogiques…).
À 16 h 25, la journée scolaire est censée se terminer. Pourtant, je reste à l’école jusqu’à 17 h 30 pour organiser les mois à venir et répondre aux messages en attente.
Une fois rentrée chez moi, je prépare mes journées de classe. Je termine vers 19 h.
Cette journée illustre la réalité du métier de directrice d’école aujourd’hui : une succession ininterrompue de responsabilités administratives, pédagogiques, relationnelles, organisationnelles et institutionnelles.
Pourtant, aucun temps spécifique n’est réellement prévu pour exercer pleinement ces missions de pilotage.
Comme beaucoup de directeurs et directrices, je dois très souvent interrompre ma classe pour gérer des urgences administratives ou institutionnelles, laissant momentanément mes élèves en autonomie.
Ce témoignage n’est pas une plainte individuelle. Il est le reflet du quotidien de très nombreux directeurs et directrices d’école en France.
Je vous remercie de l’attention que vous porterez à ce témoignage.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma considération respectueuse.
Sandrine, lundi 16 mars 2026
🕗 Avant l’arrivée des élèves (Préparation & Administratif)
- Gestion numérique : Consultation de la boîte mail (urgences).
- Maintenance : Signalement à la mairie pour une fuite d’eau aux toilettes.
- Relation familles : Réponses aux courriels des parents et écoute du répondeur de l’école.
- Logistique pédagogique : Tirage des photocopies pour les activités de la journée.
🏫 Pendant la classe (Enseignement & Imprévus)
- Temps de regroupement : Interruption par un premier appel téléphonique urgent.
- Ateliers dirigés : Deuxième interruption urgente durant une séance en petit groupe.
🍴 Pause méridienne (Gestion de projets)
- Communication : Envoi du mail aux parents concernant la sortie scolaire (Festival Itinérances).
- Préparation : Finalisation des supports pour la journée du lendemain.


