Nous avons reçu ce mercredi ce témoignage édifiant d’une adhérente que nous publions in extenso avec son accord. Cela pourrait vous arriver…

Son témoignage :

“En septembre 2022, j’ai été agressée par un parent d’élève, menacée de mort

J‘ai déposé plainte auprès de la gendarmerie du village où j’exerce. Le gendarme m’a reçue de manière très incorrecte, j’étais seule, il était tard et il m’a vraiment malmenée pendant tout le dépôt de plainte. 

J’ai déposé un recours auprès de la police de la gendarmerie mais évidemment, il ressort de l’enquête qu’il a fait son travail. Pourtant il a été mis en arrêt de travail avant même que je reçoive les conclusions de l’enquête et depuis il a quitté la gendarmerie.

Ses collègues m’ont confié qu’il avait mal traité le dossier.

Résultat : la qualification de la plainte n’est pas la bonne et n’aboutira pas. Je suis très agacée de la situation. Lors de cette agression, j’ai obtenue la protection fonctionnelle. J’ai eu plusieurs jours d’ITT. 

Pour les difficultés liées au dépôt de plainte, j’ai saisi l’inspection générale de la gendarmerie et le défenseur des droits.

Et comme réponse l’IGG a clos l’affaire en me disant qu’il avait fait son travail dans le respect des obligations déontologiques. Je n’ai pas d’info du défenseur des droits.

J’ai adressé le courrier ci-dessous à mon IEN ce jour.

Si les choses pouvaient changer et vraiment nous protéger dans le cadre de nos missions, ce serait un grand pas ! Un gros chantier en perspective !

Madame…,

je vous transmets des informations concernant la plainte pour menaces de violences déposée l’an passé contre M. X.

La qualification de la plainte n’étant pas la bonne (je n’ai pas fait attention lors du dépôt, car les conditions étaient particulièrement difficiles), les suites données ne seront pas celles escomptées. 

Alors que le gendarme m’avait informée qu’une ordonnance pénale avait été émise dès décembre 2022, je n’ai jamais rien reçu. L’avocate en charge de mon dossier s’est renseignée à plusieurs reprises auprès du tribunal et n’a toujours pas d’information. Si ordonnance pénale il y a eu, j’aurais dû recevoir un avis à victime. N’ayant rien reçu, soit il n’y a pas eu d’ordonnance soit j’ai été oubliée.

Concernant la prise en charge des ITT, cela n’est pas possible (ce serait très compliqué) car les ITT ne sont pas mentionnées dans la plainte et que la qualification n’est pas la bonne (menaces et pas violences). 

Bref, “tout ça pour ça”.

Il faut retenir de cette expérience qu’il faut être accompagnée par l’ASL pour déposer plainte afin de s’assurer que la qualification de la plainte est la bonne

Je sors très déçue et agacée de cette procédure qui finalement ne reconnait aucun statut de victime ni d’atteinte à “une personne en charge d’une mission de service public”. 

Notre statut de directeur ne nous protège pas suffisamment face à ces nouvelles conditions de travail. 

Mon avocate doit m’informer des suites, s’il y en a. Je ne manquerais pas, Madame…, de vous les transmettre.

Mise en forme de TP, témoignage reçu le 10 janvier 2024 sur “accueil@s2de.fr”