
Les 1 920 adhérents du S2DÉ ont pu donner durant une semaine (jusqu’au 4 mars) leurs avis sur la proposition d’amélioration des décharges d’enseignement que le syndicat portera prochainement à l’Assemblée nationale.
Suite aux retours, les adhérents votent désormais parmi plusieurs propositions d’augmentation.
En résumé, les témoignages soulignent massivement un épuisement professionnel lié à une accumulation de missions administratives, pédagogiques et sociales qui empiètent sur leur vie personnelle.
Plusieurs collègues réclament que le calcul de ce temps de soutien ne repose plus uniquement sur le nombre de classes, mais intègre aussi le nombre d’élèves et la présence de publics à besoin particulier.
Des besoins spécifiques sont identifiés pour les écoles multisites, les dispositifs comme l’ULIS, ainsi que pour les structures en éducation prioritaire.
Enfin, de nombreux directeurs appellent à la création de postes d’aide administrative pérenne afin de pouvoir se recentrer sur le pilotage pédagogique de leurs établissements.
Voici les 15 points clés qui ressortent des témoignages concernant la proposition d’augmentation des décharges, classés de l’enjeu le plus crucial au moins prioritaire
- L’urgence de santé publique et l’épuisement professionnel : Le motif premier du soutien à cette proposition est un épuisement total. Plusieurs directeurs témoignent de semaines dépassant les 60 heures et de situations de burn-out ou d’arrêts pour surmenage. Le besoin de temps est décrit comme « vital » pour ne plus sacrifier sa vie personnelle.
- L’insuffisance critique des décharges pour les petites écoles (1 à 3 classes) : Les directeurs de petites structures dénoncent le caractère dérisoire des 6 ou 12 jours annuels actuels. Une revendication forte est l’obtention d’un minimum d’un jour de décharge hebdomadaire (ou au moins une demi-journée) pour tous, afin de gérer les tâches incompressibles. De nombreux collègues demandent si priorisation des augmentations de décharges d’en faire bénéficier d’abord les petites écoles.
- Le poids écrasant de l’inclusion scolaire (EBEP et MDPH) : La gestion des élèves à besoins particuliers, le suivi des dossiers MDPH/PPS et la coordination des AESH sont cités comme les tâches les plus chronophages. Les directeurs demandent que le nombre de notifications MDPH devienne un critère de calcul de la décharge.
- L’obsolescence du calcul basé uniquement sur le nombre de classes : De nombreux témoignages plaident pour une approche croisée intégrant le nombre d’élèves et non plus seulement de classes. Une école de 7 classes avec des effectifs chargés peut représenter une charge supérieure à une école plus grande.
- Le besoin vital d’une aide administrative pérenne et formée : La décharge de temps ne suffit pas ; les directeurs réclament le retour de secrétariats d’école pour gérer les tâches répétitives (téléphone, inscriptions, enquêtes…). Cette aide doit être stable pour éviter de perdre du temps à former de nouveaux personnels chaque année.
- Le plafond insuffisant pour les très grandes écoles (> 12 classes) : Pour les grandes structures, la décharge totale (100 %) est jugée insuffisante pour faire face à la multiplication des crises et des dossiers. La proposition de directeurs adjoints ou d’un renforcement de la direction est suggérée. Certaines académies le mettent déjà en plage de manière systématique ou expérimentale.
- La prise en compte de l’IPS et du contexte social : L’Indice de Position Sociale (IPS) est considéré comme un indicateur majeur de la charge de travail (relation aux familles, aide sociale). Les directeurs d’écoles « orphelines » (IPS bas mais hors REP) se sentent particulièrement lésés.
- La complexité spécifique des écoles multisites et des RPI : Gérer des bâtiments séparés (parfois de plusieurs centaines de mètres ou dans des villages différents) génère une charge mentale énorme et des difficultés de cohésion d’équipe qui devraient justifier une majoration de décharge.
- La problématique des remplaçants en formation (PES, M2) : Confier la décharge à des étudiants ou des stagiaires est critiqué comme étant chronophage. Le directeur doit alors assumer un rôle de formateur non reconnu, ce qui annule le bénéfice du temps de décharge.
- L’inefficacité du taux de décharge à 33 % : Ce format (1 jour fixe + 1 jour toutes les 3 semaines) est jugé contre-productif car il manque de régularité et de continuité pour le suivi des dossiers complexes. Certains préfèrent une organisation par semaines entières pour plus de fluidité.
- Le pilotage pédagogique sacrifié au profit de l’administratif : Les directeurs déplorent que l’administratif et les urgences « mangent » tout le temps de décharge, ne laissant aucune place à l’animation pédagogique de l’équipe.
- La reconnaissance des dispositifs spécifiques (ULIS, UPE2A, UEMA…) : Les directeurs demandent que chaque dispositif spécialisé compte systématiquement pour une classe supplémentaire dans le calcul, en raison de la charge de coordination accrue.
- La surcharge des écoles primaires (Maternelle + Élémentaire) : Gérer les 2 niveaux simultanément est jugé beaucoup plus lourd qu’une école de niveau unique (gestion des ATSEM, siestes, passages en 6ème, liaisons diverses…).
- La sanctuarisation des jours de décharge : Dans les petites écoles, la décharge est trop souvent utilisée comme variable d’ajustement pour les remplacements. Les directeurs demandent que ces journées soient garanties et non déplaçables.
- La question de la retraite : Bien que le temps soit la priorité, les directeurs souhaitent une meilleure protection fonctionnelle et que les responsabilités de direction soient prises en compte dans le calcul de leur pension.
Sources : les témoignages reçus entre le mercredi 25 février et le mercredi 4 mars 2026 à 24heures6mois@s2de.fr
Mise en forme de Thierry PAJOT



[…] la proposition que les adhérents ont commenté puis voté. Elle sera prochainement envoyée à tous les parlementaires membres des commissions des […]