
Durant 8 jours, le S2DÉ a proposé à ses adhérents de donner leurs avis sur l’argumentaire de 3 pages que nous leur avons transmis en faveur d’un statut pour les 43 000 directrices et directeurs d’école.
En parallèle, le lobbying parlementaire du syndicat continue et plusieurs sénateurs ont demandé cette semaine au ministre de travailler à notre revalorisation.
L’analyse des très nombreux témoignages reçus révèle une volonté profonde de transformer ce qui est souvent perçu comme une simple fonction en un véritable métier reconnu, structuré et soutenu.
Voici les 15 points clés qui synthétisent leur avis sur l’évolution de leur statut :
- Reconnaissance d’un statut plutôt que d’une fonction : Les directeurs ne veulent plus n’être directeurs que « de nom ». Ils réclament un statut réel avec une grille salariale propre et un avancement spécifique, soulignant que diriger une école est devenu un métier à part entière qui ne peut plus être une simple mission supplémentaire à l’enseignement.
- Alignement sur le second degré (Perdir) : Il existe une forte demande pour que le statut, la rémunération et les moyens (secrétariat, adjoints) soient alignés sur ceux des personnels de direction (principaux et proviseurs) des collèges et lycées, car les responsabilités et la charge de travail sont jugées comparables.
- Débat sur l’autorité hiérarchique : Les avis sont partagés sur ce point. Certains souhaitent un statut hiérarchique pour asseoir leur légitimité, gérer les conflits d’équipe et avoir un réel pouvoir de décision. D’autres le rejettent par crainte de rompre le lien de « pair parmi les pairs » et de s’isoler de l’équipe enseignante.
- Revalorisation salariale conséquente : La rémunération actuelle est jugée « insultante » au regard des responsabilités (sécurité, juridique, RH). Les adhérents demandent une augmentation significative du salaire, la transformation des primes en points d’indice pour la retraite, et le paiement des heures supplémentaires effectuées le soir, le mercredi et durant les vacances.
- Augmentation drastique du temps de décharge : C’est une urgence absolue. Le temps actuel ne permet pas de gérer l’explosion des sollicitations. Beaucoup réclament une décharge totale dès 8 ou 10 classes, ou un minimum d’une journée par semaine pour les plus petites structures.
- Fin du « double métier » épuisant : Assurer à la fois la classe et la direction est décrit comme contre-productif et maltraitant pour la santé des directeurs et les apprentissages des élèves. L’idée que l’un des deux métiers est forcément « sacrifié » est récurrente.
- Besoin d’une aide administrative pérenne : Les directeurs refusent d’être des « opérateurs de saisie » ou des « secrétaires ». Ils exigent un secrétariat formé et stable (AED, assistant) pour gérer l’accueil, le téléphone, les absences et les tâches administratives de base.
- Simplification et arrêt des enquêtes redondantes : Ils demandent que l’administration (DSDEN) extraie elle-même les données dont elle a besoin via le logiciel ONDE au lieu de multiplier les enquêtes chronophages.
- Équipement professionnel fourni par l’État : Il est jugé inadmissible que les directeurs utilisent leur propre matériel. Ils réclament un ordinateur portable, un téléphone professionnel et une connexion internet performante (fibre) financés par le ministère.
- Évolution vers un statut d’Établissement Public (EPLE) : Pour gagner en autonomie administrative et financière, certains proposent que les écoles deviennent des établissements dotés d’une personnalité morale, permettant une gestion plus directe des budgets et des moyens humains.
- Refonte de la relation avec l’IEN : Les directeurs souhaitent passer d’un lien de subordination infantilisant à une relation de collaboration d’égal à égal, où ils seraient les interlocuteurs privilégiés de l’inspecteur sur le terrain.
- Formation spécifique et utile : Ils rejettent les formations pédagogiques classiques et demandent des formations centrées sur le management, la communication, la gestion de crise, le droit et les outils numériques.
- Autorité sur l’inclusion et la sécurité : Face à l’inclusion « à tout prix » sans moyens, les directeurs veulent avoir leur mot à dire sur l’accueil d’élèves perturbateurs ou violents pour garantir la sécurité de tous, ainsi qu’une protection juridique systématique de la part de l’État en cas d’agression par des parents.
- Droit à la déconnexion et télétravail : Le métier débordant largement sur la vie privée, les adhérents revendiquent un réel droit à la déconnexion le soir et le week-end, ainsi que la possibilité d’effectuer certaines tâches administratives en télétravail (notamment le mercredi).
- Ambivalence sur le « pilotage pédagogique » : Bien que présenté comme le cœur du métier dans les textes récents, beaucoup jugent cette mission impossible à exercer sans autorité réelle sur les collègues ou sans temps de décharge supplémentaire, craignant de devenir de simples relais de l’IEN.
Les adhérents avaient reçu l’argumentaire le 23 février 2026 par une lettre interne du S2DÉ, ils avaient une semaine pour donner leurs avis sur cet argumentaire travaillé par Florent Baylot et Fatima Souchi, membres du Bureau National.
Mise en forme : TP, 7 mars 2026



