Plus de 200 pages reçues de témoignages en quelques jours, la 3e journée de la Mule initiée par le S2DÉ a été comme les deux précédentes un succès.

Tous les retours ont été regroupés dans un « pavé » transmis au ministre de l’Education nationale, Edouard GEFFRAY.

Mathieu directeur d’école

Les quotidiens reçus peuvent être résumés en 20 points

Une charge de travail excessive et insoutenable : Les directeurs décrivent un métier devenu extrêmement complexe, cumulant des responsabilités pédagogiques, administratives, humaines et sécuritaires qui ne sont plus tenables sur la durée.

Françoise, directrice dans l’Ain

Le sentiment d’exercer « 2 métiers en 1 » : Ils doivent assurer de front leur rôle d’enseignant et celui de responsable, souvent sans les moyens ou le temps adaptés pour l’un comme pour l’autre.

Sandrine directrice d’école

Un manque de statut et de reconnaissance : Le métier souffre d’une absence de statut juridique clair et d’une reconnaissance officielle des responsabilités exercées.

Denis directeur d’école

L’insuffisance des temps de décharge : Le temps alloué à la direction d’école est jugé inadapté à la taille réelle des écoles et à la complexité des tâches à accomplir.

Valérie directrice d’école

Une lourdeur administrative asphyxiante : Les directeurs réclament une simplification administrative effective face à la multiplication des procédures et des documents à traiter.

Un épuisement physique et moral croissant : Le quotidien est marqué par une fatigue intense, certains directeurs avouant ne plus réussir à déconnecter, même la nuit.

Sabrina directrice d’école

Le manque de moyens humains pérennes : Il existe un besoin crucial d’un appui administratif stable au sein des écoles pour décharger les directeurs des tâches subalternes.

L’invisibilité du travail accompli : Une grande partie de la réalité quotidienne des directeurs repose sur leur engagement personnel et reste invisible pour l’institution.

Estelle directrice d’école

Des outils numériques chronophages et défaillants : Les plateformes ou applications comme Affelnet, ONDE et son passage à ONDE V2 ou Arena sont décrites comme complexes, nécessitant des connexions multiples et souffrant parfois de pannes au pire moment.

Une gestion constante de l’urgence et de l’imprévu : Entre les élèves blessés, les conflits à réguler et les absences à gérer, la journée est une succession d’interruptions qui empêchent de se concentrer sur le fond.

La complexité du lien avec les familles : Les directeurs consacrent un temps considérable à rassurer les parents, à gérer les refus d’orientation (SEGPA) ou les problèmes relationnels entre élèves.

La responsabilité de la sécurité (Vigipirate) : La sécurisation des locaux impose des contraintes lourdes, comme le fait de devoir se déplacer physiquement pour ouvrir chaque porte aux intervenants ou aux livreurs.

Le pilotage des programmes de prévention : La mise en œuvre de dispositifs complexes, comme le programme pHARe contre le harcèlement, alourdit considérablement l’emploi du temps.

La coordination d’équipes pluridisciplinaires : Le directeur doit manager et coordonner les enseignants, les AESH, les ATSEM et les volontaires en service civique.

Le suivi des élèves à besoins particuliers : La gestion des dossiers MDPH, la rédaction des Gevasco et les échanges avec les partenaires (orthophonistes, PIAL) représentent une charge de travail technique importante.

Richard directeur d’école

L’empiètement systématique sur la vie personnelle : Le travail de direction déborde largement sur le temps personnel, que ce soit tôt le matin, tard le soir ou durant les pauses méridiennes.

Directrice d’école en Guyane

Le poids des relations avec les collectivités : Les directeurs doivent travailler en permanence avec la municipalité pour la gestion des locaux, des travaux et du matériel.

L’absence de formation pour les outils spécifiques : Les directeurs se retrouvent souvent seuls face à des problèmes techniques (Educonnect) sans avoir reçu de formation adéquate.

La gestion de la précarité du remplacement : Certains directeurs se sentent obligés de venir travailler malgré des blessures (ex: entorse) par peur de ne pas être remplacés et de mettre l’école en difficulté.

Des revendications financières claires : Ils demandent une revalorisation salariale qui tienne compte des responsabilités exercées et qui soit intégrée dans le calcul de la retraite.

Une directrice d’école

Mise en forme de TP, Gonfaron, 25 mars 2026