Thomas nous écrit :

“Je souhaite rejoindre votre action car je suis directeur depuis déjà 5 ans. Même si ce métier est passionnant, je suis vraiment épuisé de tout ce que nous pouvons nous demander. J’ai 10 classes, un dispositif ULIS et ma classe de CM1 à mi-temps… Soit un mi-temps pour 240 élèves… Le nombre de suivis AEMO, d’enquêtes sociales, d’événements préoccupants et encore plein d’autres éléments ne cessent d’augmenter… Rien que sur mon établissement, je suis aujourd’hui à près de 50 profils particuliers plus une vingtaine de dossiers MDPH (MDA). 

Au début, je trouvais cela normal puisque je ne connaissais rien à la direction. Mais même après 5 ans, je n’arrive pas à faire correctement mon métier… Ma classe est toujours pénalisée car je suis tout le temps dérangé sur mes jours de classe. J’essaie d’optimiser mon temps mais il y a toujours des réunions, des équipes éducatives, des ESS ou de nouveaux problèmes qui apparaissent…

Aujourd’hui, je ne demande pas plus d’argent mais du temps pour faire les choses correctement…

Témoignage de Céline :


“Tout d’abord merci de nous représenter et d’être notre porte-parole. Je suis directrice d’une école élémentaire située en REP+. J’ai 22 classes et 1 classe ULIS, cela représente 27 enseignants et 12 AESH et de nombreux dispositifs à gérer : UEP2A – OEPRE – CHAD – 2 CLAS – 2 club mentorat lycéens AFEV  – EILE – Intervenants en langues (anglais / italien) – EPS (intervenant rugby / vélo / gymnase / escalade / trottinette / judo / natation … ) – DRE – Evaluation d’école – Pacte – colibris  ……. Etc ….

Je coordonne également un PIAL représentant 9 écoles : 85 enfants notifiés et 32 AESH.

J’accueille en moyenne 418 élèves, l’année dernière nous sommes arrivés jusqu’à 437 élèves et j’avais radié 31 élèves, soit un brassage de 468 élèves dans l’année. Nous avons environ 700 parents.

Nous avons effectué 62 EE, 32 ESS, 7 signalements ou IP, 3 faits d’établissement ….

Bref, tout ça pour dire que malgré l’amour, l’envie, les heures (environ 50h/semaine) et l’énergie que je porte à mon travail, je suis exténuée et sous pression constamment, j’ai tellement peur de passer à côté de quelque chose d’important : la sécurité, les élèves à besoin ou en détresse, les délais de rigueur avec rappel agacé de la hiérarchie ! 

Je ne comprends pas pourquoi, je n’ai pas les mêmes moyens humains que les collèges ? Pourquoi la hiérarchie imagine qu’une seule personne puisse porter cette charge ? Ah oui, pour nous faire plaisir, on nous alloue un Service Civique Universel, mais il faut le chercher, le recruter, le former, le gérer et ce n’est pas évident au vu de leur motivation et de leur paye !

Certains petits collèges accueillent moins de 300 élèves et sont au moins 12 personnes à y travailler. 

Pourquoi cette différence de traitement entre le 1er et 2nd degré ?

La loi Rilhac prévoyait une aide administrative. Les grandes écoles comme la mienne entre autre ont besoin d’une vie scolaire avec une vraie secrétaire mais de façon pérenne. 

Même financièrement, pas de reconnaissance, pourquoi avons-nous la même indemnité qu’un directeur qui a 13 classes et moins de 300 élèves ?

Je vous écris car je souhaiterais que la gigantesque charge de travail des directeurs de très grosses écoles soit enfin prise en compte, que les directeurs soient efficacement épaulés avec une véritable vie scolaire et un directeur adjoint déchargé à 50%. 

Mes priorités sont donc :

  • Une vie scolaire dès 300 élèves accueillis.
  • Un directeur adjoint déchargé entre 25 et 50% selon les tailles des écoles avec une IMP.
  • Une indemnité de direction revalorisée (calculée sur le nombre d’élèves et non sur le nombre de classes, ce serait plus juste)

Je sais que je rêve, mais cela fait du bien de l’écrire. En vous remerciant de nous représenter.”

Témoignages reçus à “accueil@s2de.fr”