Lundi 24 juin, j’ai participé en tant que directrice à une commission de recours à la DSDEN.

Cette année, le décret du redoublement ayant été modifié afin que les décisions (et non plus propositions) de passage anticipé ou de redoublement ne passent plus par les IEN, le nombre de recours a fortement augmenté dans mon département. En effet, les équipes pédagogiques ont sans doute proposé davantage de redoublements qu’à l’habitude. Est-ce le cas partout ?

Lors de cette commission siègent un ou deux IEN (le président de la commission est d’ailleurs obligatoirement un IEN), un directeur/une directrice d’école, 2 enseignants (ou CPC), un psychologue de l’Education Nationale, un médecin scolaire, un principal de collège, un professeur du second degré.

Des parents d’élèves issus de fédérations de parents d’élèves étaient également invités mais ne se sont pas présentés.

Les parents qui demandaient le recours avaient également la possibilité de se faire entendre par la commission.

La commission donne ensuite son avis (soit celui conforme au Conseil des maîtres soit celui conforme au souhait des parents) et le DASEN statue et informe les parents quelques jours plus tard.

La décision doit ensuite obligatoirement être suivie par la famille.

Tous les cas ont été balayés lors de cette journée durant laquelle 19 dossiers (avec présence des parents) ont été étudiés, mais également une dizaine de dossiers dont les parents n’ont pas souhaité être entendus par la commission.

Parfois, l’école proposait un redoublement tandis que les parents souhaitaient un passage, parfois l’école proposait le passage alors que la famille souhaitait le redoublement.

Nous avons également eu une demande de la famille d’un passage anticipé alors que l’école proposait un passage dans la classe supérieure et un refus de maintien en GS malgré la notification de la MDPH.

Avant d’écouter pendant 15/20 minutes la famille, nous commencions par prendre connaissance du dossier de l’élève, constitué par l’école (comprenant LSU, travaux de l’élève, bilans psy, courriers des professionnels qui suivent l’élève, etc) et du courrier de la famille étayant les raisons de la demande de recours. L’IEN de circonscription devait également donner son avis ; dans la trentaine de dossiers étudiés, l’IEN a à chaque fois suivi l’avis de l’équipe pédagogique.

Les dossiers étaient la plupart du temps très fournis, mais parfois nous manquions de pièces et de “billes” pour analyser correctement la situation.

En résumé, la commission a pour 10 fois suivi les décisions de l’équipe pédagogiques, et pour 9 fois suivi les avis de la famille. Pour les dossiers sans la présence des parents, la commission a suivi systématiquement l’avis de l’école.

Les arguments des parents refusant le maintien étaient souvent très stupéfiants : reprise du travail donc peu de temps pour faire les devoirs, la mise en place de cours particulier pendant l’été, la remise au travail de l’élève, un rattrapage d’une année en 2 mois d’été…… avec à chaque fois une volonté de ne pas “blesser” ou “faire de la peine” à l’enfant.

Peu de prise de conscience que le redoublement peut être une vraie chance pour l’élève.

La commission a à chaque fois donné un avis “en son âme et conscience”, et quelque fois le fait de suivre la famille nous semblait constituer un moyen de ne pas briser le lien entre école et famille.

La présence à cette commission a été très intéressante, les membres ont fait de leur mieux pour aider à prendre la bonne décision, et parfois cela n’a pas été simple de savoir de quel côté de la balance nous devions pencher.

Dans mon département, il y a eu environ le double de dossiers par rapport aux années précédentes, ce qui a demandé de créer à chaque fois 2 sous-commissions, chacune d’entre elles s’étant réunie pendant 2 jours.

A voir si en 2024/2025, le nombre de dossiers de recours continue à être si élevé….