
Petits rappels des dernières évolutions en 2021 et 2022…
Septembre 2022 : L’augmentation de décharge avait concerné à l’époque les écoles de 13 classes élémentaires qui étaient passées d’une décharge de 75% à une décharge totale, les écoles de 12 classes qui étaient passées de 50% à une décharge totale également, et les écoles de 6 et 7 classes qui passaient à cette occasion de 25% à 33%. Cette augmentation avait nécessité 1 250 ETP (Equivalent Temps Plein).
Septembre 2021 : Il y avait eu 2 jours de décharges supplémentaires par an pour les directeurs d’école de 1 à 3 classes ; les écoles élémentaires de 9 classes étaient passées de 33% à 50 % ; les écoles élémentaires ou primaires de 13 classes étaient passées de 50 % à une décharge de 75 %. Cette augmentation avait nécessité 600 ETP.
Situation actuelle
| École maternelle, élémentaire ou primaire | Décharges d’enseignement |
|---|---|
| Nombre de classes | |
| 1 | 6 jours fractionnables : 2 à 3 jours mobilisables au premier trimestre, 1 jour mobilisable au deuxième trimestre et 2 à 3 jours mobilisables au troisième trimestre |
| 2 ou 3 | 12 jours fractionnables à raison d’au moins une journée par mois |
| 4 ou 5 | 25% |
| 6 à 8 | 33% |
| 9 à 11 | 50% |
| 12 et plus | 100% |
Dans certains départements comme le 92, le taux de décharge est toutefois plus avantageux que les taux nationaux du tableau précédent.
La dernière augmentation des taux de décharge date donc de septembre 2022, depuis plus rien et aucun calendrier pluri-annuel proposé.
Une intersyndicale s’était réunie sur ce thème il y a plusieurs années et avait proposé au ministère un calendrier de l’amélioration des décharges, on vous rappelle ici cette proposition.
Le tableau ci-dessus permet de calculer chaque variation du taux des décharges.
Quelques exemples de choix dans l’amélioration des décharges avec un volume d’Equivalent Temps Plein d’environ 1 500 emplois :
Premier calcul : favoriser les écoles de 1 à 3 classes
- Faire passer les écoles de 1 classe à 12 jours = 145 ETP.
- Augmenter les écoles de 2 classes à 18 jours = 217 ETP
- Faire passer les écoles de 3 classes à une journée par semaine = 981 ETP.
Au total, ce choix 1 favorable aux petites structures demanderait 1 343 ETP.
Deuxième calcul : faire passer toutes les décharges à 33% à 50%
- Faire passer les écoles à 6 classes à 50% de décharge = 672 ETP
- Faire passer les écoles à 7 classes à 50% de décharge = 489 ETP
- Faire passer les écoles à 8 classes à 50% de décharge = 410 ETP
Au total, cela demanderait pour transformer toutes les écoles actuellement à 33% à une décharge de 50% nécessiterait 1 571 ETP.
Troisième calcul : faire descendre le curseur des décharges totales à 11 classes puis à 10 classes
- Faire passer les écoles à 11 classes à la décharge totale = 611 ETP
- Faire passer les écoles à 10 classes à la décharge totale = 831 ETP
Au total, la décharge totale dès 10 classes nécessiterait 1 442 ETP.
Quatrième calcul : favoriser les écoles oubliées des 2 dernières améliorations du taux de décharge d’enseignement
- Faire passer les écoles de 4 classes de 25% à 33% = 479 ETP
- Faire passer les écoles de 5 classes de 25 à 33% = 433 ETP
- Faire passer les écoles de 8 classes de 33% à 50% = 410 ETP
- Faire passer les écoles de 10 classes de 50% à 75% = 416 ETP
- Faire passer les écoles de 11 classes de 50% à 75% = 305 ETP
Au total, pour permettre à tous les collègues oubliés des améliorations des décharges en 2021 et 2022, cela demanderait 2 043 ETP.
Cinquième calcul : un mixte des mesures précédentes en définissant un choix mais quel niveau serait à prioriser au détriment d’un autre…
A suivre… la consultation des adhérents de notre syndicat durant 4 jours sur ce point afin de déterminer quelle sera la priorité commune choisie par le S2DÉ en 2025 sur ce sujet des décharges.
Une unanimité est difficile à trouver sur les décharges, des collègues voudraient que l’on donne des décharges en fonction du nombre d’élèves, en fonction des classes spécialisées présentes dans leur école, en fonction de contraintes locales…
Les témoignages des collègues sur ce thème affluent chaque jour. Nous vous en proposons 2 reçus ce jeudi :
« Le problème du temps de décharge pour moi est lié à la surcharge de travail inutile générée par « les bureaux » surtout en période 1 (qui eux trouvent sans doute chaque sollicitation d’un intérêt vital) ; je suis sûre que chacun d’entre nous pourrait en dresser une liste longue comme le bras… (et je ne vous parle pas de la magnifique cellule de crise « inondation » qui à part me déranger et faire générer encore des mails ne m’a apporté aucune solution concrète dans l’action), donc il faut surtout faire cesser le « harcèlement de constateurs« . (C’est un vœu pieux !)
Deuxième point en petite école, la décharge est souvent mangée par l’absence non remplacée d’un collègue, pour ne pas perturber l’enseignement, le directeur, enfin j’imagine, se charge d’attendre le remplaçant venu du fond du département à qui il faut expliquer à 10h comment fonctionne la classe… Je plains aussi ces pauvres remplaçants, du vécu cette période j’ai déjà perdu 2 jours de décharge…
Et comble de la situation, j’ai refusé par 2 fois une journée de décharge au pied levé (prévenu 2 x au portail à 8h30 qu’un remplaçant pouvait m’être affecté à la place de ma journée d’enseignement) mes jours de classe sont préparés ; j’ai une progression au cordeau (première période en CP-CE1 je danse d’un pied sur l’autre en lecture et en maths pour tenir le programme), je n’ai rien contre les remplaçants mais une journée désorganisée en classe me fait finalement perdre plus de temps à rattraper (je sais personne n’est irremplaçable)…
En conclusion le problème pour ma petite direction vient avant tout de la charge de travail inutile à la rentrée qui augmente chaque année, ce qui génère une fatigue, un ras le bol et me fait négliger (ce qui me pèse le plus car je reste encore très attaché à mon travail d’enseignante) le « pilotage » pédagogique de l’école. Évidemment je ne réponds que pour ma situation propre.
En vous remerciant à nouveau pour votre travail et votre soutien, bien cordialement AF. »
« ll me semble que le calcul des décharges devrait être calculé au prorata des charges des directeurs. Et devrait se baser sur des indicateurs précis (et non sur des ressentis de directeurs).
Par exemple, on pourrait considérer qu’il faut :
- 12 Jours incompressibles par an pour toutes les charges identiques quel que soit le nombre de classes (préparation conseil d’école et rédaction compte rendu, réponses mails administratifs, questionnaires IEN, DSDEN, rédaction PPMS et compte rendu exercices, liaison CEC etc. ). Je pense à 12 jours mais je n’ai pas évalué le temps effectif, ce qui me semble indispensable.
- on ajoute 12 jours par an pour chaque tranche de 20 ou 25 élèves supplémentaires (selon où on peut placer le curseur ou selon les moyens alloués).
- on tient compte des spécificités des écoles ( ULIS, écoles bilingues….) en évaluant le temps effectif supplémentaire et on ajoute du temps proportionnellement. Si l’Etat a moins de moyens, il augmente le nombre d’élèves par tranche de 12 jours… Cela garantirait un traitement égalitaire !
Cela donnerait idéalement :
12 jours pour 1 classe (25 élèves)
25% pour 2-3 classes (jusqu’à 50 élèves)
33% pour 4-5 classes (jusqu’à 100 élèves)
50% pour 6-7 (jusqu’ à 150 élèves)
75% pour 8-9 (jusqu’à 200 élèves)
100% pour 10-11 classes (jusqu’à 250 élèves )
Prévoir un secrétariat a partir de 250 élèves.
Avec moins de moyens :
12 jours pour 1 classe (25 élèves)
18j jours pour 2-3 classes (jusqu’à 50 élèves)
25% pour 4-5 classes (ou jusqu’à 100 élèves)
33% pour 5- 6 (jusqu’ à 150 élèves)
50% pour 7-8 classes (jusqu’à 200 élèves)
75% pour 10-11 classes (jusqu’à 250 élèves )
100% à partir de 12 classes
Prévoir un secrétariat à partir de 300 élèves.
Aujourd’hui, c’est beaucoup trop injuste (33% pour 6 mais 50% pour 12 alors que de nombreuses tâches sont les mêmes), tous les directeurs le reconnaissent et recherchent de plus grosses écoles car c’est plus confortable. Ceux qui sont passés par plusieurs types de décharges le confirment également.
Il faut tenir compte de la charge de la classe également. Quand on a une école à une seule ou deux classes, cela veut dire que le directeur gère en plus de la direction plusieurs niveaux de classe, c’est déjà une surcharge de travail bon négligeable.
La priorisation actuelle passerait donc par un rééquilibrage dans le sens d’une meilleur équité et donc se rapprocher de ces ratios.
On ne peut justifier des temps de décharge que sur des indicateurs précis sinon c’est complètement abusif et infondé. Ça ne pourra bien se défendre et bien se justifier. J’espère que tu sauras défendre cette idée et aller dans ce sens ! Merci pour tout ce que tu fais pour les directeurs. S. »
Le #S2DÉ et le SNE-CSEN seront en réunion commune dans le cadre de la Confédération des Syndicats de l’Education Nationale fin novembre à Strasbourg, l’occasion de relancer l’intersyndicale et de faire ainsi des propositions au ministère sur un calendrier pluri-annuel de l’amélioration des décharges d’enseignement.
TP, Gonfaron, 23 octobre 2024, relecture de LP, Mise à jour le 24 octobre 2024

Mon école a 8 classes et c’est une école bilingue. Je suis déchargée à 33% c’est largement insuffisant, la masse de travail et la pression montent, c’est insupportable. Ayant le droit de prendre la retraite, je la prends car j’ai craqué. Je ne pensais pas déjà m’arrêter puisque j’ai 57 ans, mais là ce n’est plus possible.