Le décret modifiant les modalités du concours des PE est donc sorti le samedi 19 avril 2025. Il vise à rendre notre profession plus attractive… Cela coûte moins cher en effet de réformer le concours que de nous augmenter à la hauteur de notre implication et du temps que nous consacrons à enseigner, diriger une école…

Ce décret modifie également les concours pour devenir conseillers principaux d’éducation, professeurs certifiés, professeurs d’éducation physique et sportive, professeurs de lycée professionnel et maîtres de l’enseignement privé sous contrat dans le 1er et le 2nd degrés.

Désormais, il n’est plus nécessaire d’être détenteur d’un BAC + 5, autrement dit un Master 2, mais bien d’une licence (donc d’un BAC + 3) pour prétendre devenir PE après en avoir passé le CRPE.

Le concours se passera donc quand les étudiants seront en dernière année de la licence, donc à BAC + 2,5.

Dès la rentrée 2026 en parallèle, les bacheliers pourront s’inscrire partout à une nouvelle licence, la Licence Professorat des écoles (LPE). Il s’agit d’une « formation spécifique au métier » et au concours du CRPE qui comprendra 70% de savoirs disciplinaires, surtout en mathématiques et en français, avec 10 semaines de stage.

Après le CRPE, 2 années de Master seront consacrées à la formation initiale des lauréats, avec des stages, des temps de mise en responsabilité et une rémunération (1 400 euros puis 1 800 euros nets en seconde année).

En échange de cela, les étudiants devront s’engager à être PE durant 4 ans après l’obtention de leur diplôme.

Nous serons sans aucun doute sollicités in fine dans nos écoles… contre quelle rémunération… pour accueillir des stagiaires de la L1 à M2…

En résumé, les niveaux L1 et L2 de la LPE seront ouverts en 2026 et le niveau L3 en 2027. La 1ère session du nouveau CRPE aura lieu en 2028. Les titulaires de la LPE ne passeront que les épreuves d’admission. Les candidats venant d’une vraie licence passeront toutes les épreuves dès 2026.

On vous rappelle que c’est en 2010 que le concours fut mis en fin de M2. En 2012, le gouvernement fixe le concours en fin de M1, J.M. BLANQUER le remettant en fin de M2 en 2019. 

CAS PARTICULIER DES ÉTUDIANTS EN MASTER MEEF À LA RENTRÉE 2025


Tous les étudiants inscrits en master MEEF en septembre 2025, quel que soit leur niveau, peuvent s’inscrire au CRPE, dès l’automne 2025 et passer les épreuves d’admissibilité au printemps 2026.

Les lauréats du nouveau concours à bac + 3 titulaires d’un master 1 MEEF intégreront le master 2 métiers de l’enseignement et de l’éducation (M2E) en tant que fonctionnaires stagiaires à mi-temps.

Qu’ils soient lauréats d’un nouveau concours à BAC + 3 ou d’un concours préexistant à BAC + 5, les titulaires d’un master 2 MEEF intégreront le corps enseignant en tant que fonctionnaires stagiaires à temps plein.

Quelle formation, quelle affectation pour les lauréats après leur réussite au CRPE ?

Le décret donne les éléments suivants :

Les lauréats des concours bénéficient d’une formation initiale visant l’acquisition des compétences nécessaires à l’exercice du métier. Cette formation comprend des périodes de mise en situation professionnelle. Elle est mise en œuvre par un établissement d’enseignement supérieur public du ressort géographique de l’académie.
Elle est accompagnée d’un tutorat. Elle est adaptée pour tenir compte du parcours antérieur des lauréats.

Pour être titularisés dans le corps des PE, les fonctionnaires stagiaires lauréats doivent justifier de la détention d’un diplôme national de master ou d’un titre ou diplôme reconnu équivalent par le ministre chargé de l’éducation.

Lorsqu’ils ne justifient pas de cette détention mais sont estimés aptes à être titularisés, ils bénéficient d’une prolongation de la durée du stage d’une année. S’ils justifient à l’issue de cette prolongation de la détention d’un titre ou diplôme requis, ils sont titularisés. Dans le cas contraire, ils sont licenciés de plein droit sans consultation de la commission administrative paritaire ou réintégrés dans leur corps ou cadre d’emplois s’ils avaient déjà la qualité de fonctionnaire après qu’il a été mis fin à leur détachement.

Les élèves et les PE stagiaires sont affectés par le recteur d’académie dans un département de l’académie au titre de laquelle ils ont présenté le concours en fonction des capacités d’accueil et de formation du département, des vœux des intéressés et de l’ordre de leur classement aux concours pour toute la durée de la formation initiale.

L’affectation des stagiaires sur un poste au sein d’un département tient compte.

Source : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051490773

Dossier presse : https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2025-03/dp—r-forme-de-la-formation-initiale-des-professeurs-36502.pdf

Commentaires reçus :

PB : « Bonne nouvelle si elle est accompagnée d’une véritable formation professionnelle sur deux années avec formation en stage par alternance et avec de vrais professionnels du 1er degré qui tiennent compte de la pluridisciplinarité spécifique au 1er degré avec des professionnels de la gestion de classe, des psychologues, neuropsychiatres et professionnels de santé mentale.

Des spécialistes des dys comme pour la  formation d’orthophonie, des spécialistes des services sociaux. 

En effet, notre métier doit évoluer en raison d’une évolution de la population enfantine et pouvoir s’adapter à un environnement particulier face à des troubles comportementaux de plus en plus difficiles. 

L’eternelle modification des programmes n’est qu’une fuite en avant stérile qui ne permet pas de régler les vrais problèmes de ces nouvelles populations d’élèves incapables de concentration, d’attention et englués dans des problématiques personnelles qui empêchent les apprentissages. Travailler sur l’environnement de l’enfant, sa santé psychique permettra d’améliorer significativement les compétences de chacun. 

La formation doit s’adapter à ces enjeux sociétaux. »

VD : « Je suis favorable à ce nouveau CRPE. J’ai toujours trouvé inutile d’avoir un Master pour passer le concours. Il me semble préférable de mettre l’accent sur une formation de qualité qui enseigne la pédagogie et qui revient sur les bases des savoirs à transmettre, notamment en orthographe et en grammaire. »

VP : « Je ne suis pas de trop près cette question mais d’après ce que j’en ai compris le BAC +5 sera tout de même obtenu à la fin de la formation donc finalement le niveau ne sera pas amoindri, du point de vue des diplômes.

Je pense que cette nouveauté ne changera rien aux problèmes de recrutement car le fait d’obliger les personnes (qui seront payées en M1 et 2) à 4 ans de service sera rédhibitoire.

Par ailleurs, j’ai vu beaucoup de jeunes recrutés s’en aller car ils ne tenaient pas dans une classe au quotidien. Il y  a une différence entre étudier et être sur le terrain, même si l’on a fait quelques stages… Cette obligation de service contient le risque de voir des gens arriver sur le terrain et qu’ils s’aperçoivent que ce n’est finalement pas ce qu’ils recherchaient puis d’être obligés d’enseigner 4 ans, sans envie, sans compétences de gestion de classe,… sans capacité de s’en aller. Cela risque d’être préjudiciable pour les élèves et les équipes en place qui devront pallier, comme d’habitude. »

Il est attendu du candidat qu’il maîtrise l’ensemble des connaissances du cycle 4.

Les épreuves écrites et orales prennent appui sur un programme publié sur le site internet du ministère chargé de l’éducation nationale.

Première épreuve d’admissibilité

  • Durée : 4 heures.
  • Coefficient : 5.

L’épreuve vise à évaluer les connaissances disciplinaires en français et en mathématiques du candidat.

Elle comporte 2 parties indépendantes.

La première partie de l’épreuve prend appui sur un texte (extrait de roman, de nouvelle, de littérature d’idées, d’essai, etc.) n’excédant pas 500 mots. Elle comporte trois phases :

  • une phase consacrée à l’étude de la langue, permettant de vérifier les connaissances. syntaxiques, grammaticales et orthographiques du candidat ;
  • une phase consacrée au lexique et à la compréhension lexicale ;
  • une phase consacrée à une réflexion suscitée par le texte à partir d’une question posée sur celui-ci et dont la réponse prend la forme d’un court développement présentant un raisonnement rédigé et structuré.

La seconde partie de l’épreuve porte sur les mathématiques. Le sujet est constitué de plusieurs exercices ou problèmes. L’épreuve permet d’apprécier la connaissance des notions du programme et l’aptitude à les mobiliser. Elle sollicite également les capacités de raisonnement et d’expression écrite du candidat.

L’épreuve est notée sur 20, chaque partie compte pour 10 points. Une note égale ou inférieure à 2,5 sur l’une des deux parties est éliminatoire. 

Seconde épreuve d’admissibilité

  • Durée : 4 heures.
  • Coefficient : 3.

L’épreuve porte sur les autres domaines d’enseignement de l’école primaire à l’exception de l’EPS. Elle permet d’apprécier les connaissances du candidat et ses capacités d’analyse et de réflexion en histoire-géographie et enseignement moral et civique, en sciences et technologie, en arts (arts plastiques, éducation musicale, histoire des arts) et en langue vivante. 

Le candidat répond à des questions dans trois domaines de son choix parmi les quatre domaines listés ci-dessus ayant trait à des notions inscrites au programme du concours.

  • En histoire-géographie et enseignement moral et civique, les questions permettent une· évaluation de la maîtrise de repères spatiaux, chronologiques et de connaissances fondamentales dans les trois disciplines, et des aptitudes du candidat à répondre aux questions posées en rédigeant de manière claire et argumentée ou à compléter, selon la demande, une carte, un croquis, un schéma, ou une frise chronologique. Les questions sont de nature variée dans leur formulation, et peuvent porter, le cas échéant, sur des documents de nature diverse.
  • En sciences et technologie, le candidat devra répondre à plusieurs questions relevant des disciplines physique-chimie, sciences de la vie et de la Terre et technologie. Ces questions pourront s’appuyer sur un ensemble de documents, de nature diverse, et de données à exploiter. Elles viseront à évaluer les connaissances du candidat et ses compétences, notamment celles relatives aux démarches scientifiques et technologiques mises en œuvre dans ces disciplines.
  • En arts, au titre d’une session, le programme du concours détermine deux composantes parmi les trois enseignements : arts plastiques, éducation musicale et histoire des arts. À partir de documents de nature diverse, les questions visent à apprécier la culture générale artistique des candidats, leur capacité à articuler connaissances et réflexion, à analyser l’expérience de la rencontre avec les œuvres.
  • La partie langue vivante de l’épreuve vise à apprécier les connaissances et les compétences du candidat au niveau B1 du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). À partir de documents, de nature diverse, ancrés dans la culture de l’aire linguistique concernée des questions de compréhension sont posées et le candidat est invité à construire un texte de 120 mots environ. Langues : allemand, anglais, espagnol, italien au choix du candidat.

L’épreuve est notée sur 20. Une note globale égale ou inférieure à 5 est éliminatoire.

Première épreuve d’admission

  • Durée de préparation : 1 heure.
  • Durée de l’épreuve: 1 heure (exposé: 20 minutes, échange : 40 minutes). 
  • Coefficient : 5.

L’épreuve consiste en un exposé suivi d’un échange avec le jury.

L’exposé porte sur l’explicitation et la mobilisation d’une notion en français ou en mathématiques, s’appuyant sur un ou plusieurs documents fournis par le jury.

L’échange permet au jury de faire préciser ou d’approfondir les points qu’il juge utiles à la suite de l’exposé et peut porter sur les connaissances disciplinaires connexes à la notion objet de l’exposé.

Les candidats choisissent au moment de l’inscription au concours le domaine d’enseignement faisant l’objet de l’exposé et des échanges : français ou mathématiques.

L’épreuve vise à apprécier la capacité du candidat à s’exprimer clairement à l’oral, à construire un raisonnement et à interagir avec le jury.

L’épreuve est notée sur 20. La note 0 est éliminatoire. 

Seconde épreuve d’admission

  • Durée totale de l’épreuve : 55 minutes. 
  • Coefficient : 3.

L’épreuve comporte deux parties.

Première partie
  • Durée de préparation : 10 minutes.
  • Durée de l’épreuve de la première partie : 20 minutes dont 8 minutes maximum d’exposé suivi d’un échange avec le jury pour la durée restante impartie à cette première partie d’épreuve.

La première partie (20 minutes) est consacrée à l’éducation physique et sportive.

Cette épreuve permet d’apprécier les connaissances du candidat dans le champ des activités physiques sportives et artistiques supports de l’enseignement de l’éducation physique et sportive à l’école et au collège et sur le développement moteur et psychologique de l’enfant. Cette épreuve mobilise également les capacités d’analyse et de réflexion du candidat.

Ces connaissances relèvent de trois domaines :

  • la culture sportive (les techniques, les tactiques, les règlements, les sciences et technologies appliquées à la pratique des activités physiques, sportives et artistiques),
  • la culture corporelle (les effets de la pratique physique sur son état de bien-être et de santé, les indicateurs de l’effort, la sécurité),
  • la culture citoyenne (la coopération et le respect des règles collectives dans la pratique des activités physiques sportives et artistiques).

Le jury propose deux questions relevant de domaines différents au candidat qui choisit d’en traiter une seule. Chaque question porte sur un des trois domaines de connaissances (culture sportive, culture corporelle ou culture citoyenne).

Le niveau de connaissances exigible correspond aux attendus des programmes de l’enseignement commun en EPS pour le cycle 4.

Seconde partie

Durée de l’épreuve de la seconde partie : 35 minutes

La seconde partie de l’épreuve (35 minutes) est consacrée à un entretien avec le jury.

Elle comporte un premier temps d’échange d’une durée de quinze minutes débutant par une présentation, d’une durée de cinq minutes, par le candidat de sa motivation et des éléments de son parcours et des expériences qui l’ont conduit à se présenter au concours en valorisant notamment les enseignements suivis, les stages, l’engagement associatif ou les périodes de formation à l’étranger.

Cette présentation donne lieu à un échange avec le jury pendant dix minutes. L’épreuve se poursuit, pendant vingt minutes, par un entretien avec le jury.
L’échange suivant la présentation du candidat et l’entretien en tant que tel s’organisent, au travers de questionnements divers (dont une mise en situation), en deux temps, l’un porte sur l’appréhension des valeurs de la République, dont la laïcité, afin de vérifier la capacité du candidat à les transmettre et les incarner. L’autre porte sur l’aptitude du candidat à :

  1. Se projeter dans le métier de professeur ;
  2. Transmettre et incarner les exigences du service public (droits et obligations du fonctionnaire dont la neutralité, lutte contre les discriminations et stéréotypes, promotion de l’égalité, notamment entre les filles et les garçons) ;
  3. Comprendre les grands enjeux liés à la transition écologique ;
  4. Appréhender l’épanouissement de l’élève dans toutes ses dimensions.

L’épreuve est notée sur 20. La première partie de l’épreuve compte pour 8 points, la seconde partie de l’épreuve compte pour 12 points. La note 0 obtenue à l’une ou l’autre des deux parties est éliminatoire.

Source : https://www.devenirenseignant.gouv.fr