
Mise à jour du 4 février 2026 : Dossier de l’Autonome de Solidarité Laïque (ASL) sur les dénonciations calomnieuses.
L’introduction de l’ASL dans ce dossier est limpide :
« Les personnels à mission d’éducation, d’accompagnement et de soutien peuvent faire l’objet d’accusations mensongères, de la part des enfants, de leurs parents ou de collègues. Agressions, violences sexuelles ou encore harcèlement : lorsque les faits sont graves, les accusations risquent de ternir immédiatement et définitivement l’image de la personne en cause.
La personne injustement dénoncée, par ailleurs, encourt des risques judiciaires, administratifs ou disciplinaires.
Les conséquences sont lourdes sur le plan psychologique.
Un directeur d’école, victime de dénonciation calomnieuse de faits de harcèlement, témoigne en 2022 : « Le regard des gens a changé au sein de l’école. La situation n’était pas lisible pour les parents et j’aurais été toujours associé à une faute professionnelle ».
Le directeur a par la suite pris la décision de quitter ses fonctions.
Un moyen de défense légal existe pour les personnes accusées à tort : porter plainte pour dénonciation calomnieuse.
Un accompagnement psychologique est également recommandé pour se relever de cette situation préjudiciable. »
Leur article est à retrouver en partie pour les non adhérents à l’ASL et en intégralité pour les adhérents ici.
Le système éducatif français traverse une crise de gouvernance profonde. Cette crise est mondiale. Le sacrifice de Christine Renon en 2019 reste le symbole d’une profession à bout de souffle.
Pourtant, en 2026, si le cadre législatif a évolué depuis quelques années avec la loi Rilhac, un nouvel outil détourné fragilise les directions : le Registre de Santé et Sécurité au Travail (RSST).
Initialement conçu pour protéger les agents, il devient une « arme de destruction massive » de la condition des directrices et des directeurs.
Un basculement sémantique et statistique inquiétant
L’analyse des remontées de terrain montre une mutation radicale de l’usage du RSST dans le premier degré :
- L’ère du signalement structurel (2010-2020) : le premier motif d’alerte était la gestion des élèves perturbateurs. Le RSST servait de cri d’alarme face à l’inclusion sans moyens et au manque de places en structures spécialisées (IME/ITEP).
- L’ère de la mise en cause personnelle (2024-2026) : Aujourd’hui, on assiste à une explosion des fiches dénonçant un « management ressenti comme toxique ». Près de 48 % des saisies pour risques psychosociaux (RPS) visent désormais directement le pilotage de la directrice ou du directeur.
Ce phénomène est accentué par la dématérialisation généralisée en 2025. Le passage au numérique permet une transmission instantanée à l’IEN, court-circuitant le dialogue et privant la directrice ou le directeur de son rôle de médiateur.
Le paradoxe du pilotage : Jules Ferry face à la Loi Rilhac
Le malaise s’enracine dans un choc des cultures professionnelles et une pression institutionnelle accrue :
- Le contrôle renforcé par la Loi Rilhac
Depuis la loi Rilhac, les directrices et directeurs sont soumis à une évaluation spécifique de leur fonction. Ce nouveau palier de contrôle hiérarchique place la directrice, le directeur sous une surveillance constante : il doit performer, rendre compte et piloter.
Si au moins comme dans le second degré avec les chefs d’établissements, on avait une prime variable en fonction des objectifs et résultats, ce n’est pas le cas. N’importe quelle personne de bonne volonté peut constater que notre rémunération est en deçà de nos responsabilités.
2. Le mythe du « pair parmi les pairs »
Une partie des enseignants reste attachée à l’image de l’école de Jules Ferry : une structure horizontale où la directrice le directeur n’est qu’un collègue délégué.
Tout acte de pilotage — pourtant exigé par l’institution — est alors perçu comme une trahison ou une dérive autoritaire.
Lors de nos conseils de directrices et directeurs, nos IEN nous transmettent les objectifs et attendus. A cet égard nous sommes des bâtons de relais. Nous n’avons pas à nous positionner pour ou contre. Diriger, c’est montrer la bonne direction.
3. L’absence d’intérêt à la souffrance
Il est crucial de rappeler une évidence : à moins d’être atteint d’un trouble psychiatrique profond, aucune directrice aucun directeur n’a intérêt à faire souffrir ses collègues.
Un climat scolaire dégradé est le premier indicateur et obstacle au travail de la directrice ou du directeur.
Si les tensions montent, c’est souvent parce que la directrice ou le directeur est le vecteur d’injonctions paradoxales, sans posséder pour autant de personnalité juridique pour se protéger.
Propositions pour une protection réelle des directrices et des directeurs
Face à cette vulnérabilité, le système doit évoluer :
- Droit de réponse préalable : Aucune fiche RSST mettant en cause le pilotage ne doit être traitée sans que la directrice ou le directeur puisse y apporter ses observations de contexte.
- Protection Fonctionnelle Automatique : L’État doit garantir une assistance juridique et psychologique immédiate à toute directrice ou directeur mis en cause dans l’exercice de ses missions.
- Anonymisation des signalements organisationnels : Pour éviter les attaques ad hominem, les fiches devraient cibler la « situation de travail » et non l’individu.
Ne restez pas seul(e) face à la souffrance
La violence de certains écrits ou la solitude face à une équipe en conflit peut conduire à une détresse profonde. Votre santé est la priorité.
- Le Médecin de Prévention et le Psychologue du Rectorat sont vos interlocuteurs privilégiés.
- Le Réseau PAS (MGEN) offre un soutien psychologique réactif.
N’hésitez pas à solliciter le DAASEN premier degré, elle/il connait bien les rouages, elle/il peut être un atout précieux avant que a situation ne s’enlise. OSEZ ! Clin d’œil à E.J., DAASEN extraordinaire.
Le S2DÉ : Votre allié au quotidien
Le Syndicat des Directrices et Directeurs d’École est là pour vous conseiller et vous accompagner, que vous soyez adhérent ou non.
Nous portons votre voix auprès du ministère pour que cesse cette insécurité permanente.
Auteur : FS
Mise en forme : TP


Bonjour
Je lis régulièrement votre lettre hebdomadaire, bien que simple enseignant adjoint, car elle est intéressante.
Si je vous laisse un message, c’est que je trouve votre article sur les fiches SST, très intéressant certes, mais il n’y a à aucun moment la remise en cause de certaines directions d’école.
S’il y a tant de fiches, comme vous le dites, pour dénoncer des attitudes de directrices et directeurs qui font souffrir les collègues, c’est qu’il y a peut-être un fond de vérité?
Attention de ne pas être trop partisan et de penser à l’ensemble de la profession. Votre article dénonce très justement les travers des fiches SST à l’encontre des directions, mais oublie de mentionner les recours pour les adjoints qui souffrent de l’attitude de la direction.
Je l’ai déjà vécu (qui ne l’a pas déjà vécu?), les attitudes délétères existent réellement, dans les deux sens!