
La semaine passée, 65 députés ont déposé une proposition de loi visant à créer un corps de directeurs des écoles publiques à partir de 12 classes.
Le parcours législatif de cette proposition sera long, très long, il commencera par la Commission des Affaires Culturelles et de l’Education de l’Assemblée Nationale.
Ce texte fait débat et grand bruit.
Le S2DÉ sera d’ailleurs auditionné le 16 juin prochain notamment par l’auteur principal de cette proposition de loi.
Nous nous devons donc de prendre avant cette date l’avis des adhérents du S2DÉ sur ce texte.
Tous les adhérents 2025-2026 et ceux déjà très nombreux de 2026-2027 pourront répondre à cette enquête interne et, ainsi, nous aurons en toute transparence comme toujours le véritable pouls des directeurs d’école.
L’enquête via Balotilo se tiendra du dimanche 31 mai au dimanche 7 juin 2026 avec une seule question :
Oui ou Non à cette proposition de loi
Que dit exactement cette proposition de loi ?
I. Il est créé un corps des directeurs des écoles publiques. Un décret en Conseil d’État précise les modalités d’application du présent alinéa, en particulier les conditions d’avancement et de promotion de ces agents.
II. Le directeur des écoles publiques bénéficie d’une décharge totale d’enseignement. Toutefois, dans l’intérêt du service, il peut exercer certaines activités d’enseignement, dans des conditions précisées par décret.
III. – L’autorité du directeur des écoles publiques peut s’exercer sur un réseau d’écoles dont le nombre cumulé d’emplois d’instituteurs ou de professeurs des écoles ne peut être inférieur à 12.
IV. – Les écoles qui constituent ce réseau sont dirigées par un chargé d’école nommé dans des conditions prévues par décret. Les chargés d’école sont placés sous l’autorité du directeur des écoles publiques.
V. – Le directeur des écoles publiques est chargé de faire appliquer dans son école les lois et règlements relatifs à l’action éducatrice de l’État.
Il organise l’action pédagogique et éducative des personnels placés sous son autorité Il assure la sûreté de son école en lien avec les autorités compétentes.
Il élabore le projet d’école avec le concours du conseil d’école. Il représente l’institution auprès de la commune et des autres collectivités territoriales.
Il est l’interlocuteur de la commune ou de l’établissement public de coopération intercommunale compétent pour l’école qu’il dirige, ainsi que celui des représentants légaux des élèves.
Il est consulté par l’IEN sur la manière de servir des agents relevant du ministère chargé de l’éducation et par le maire ou, lorsque les compétences relatives au fonctionnement des écoles publiques ont été transférées à un établissement public de coopération intercommunale, par le président de cet établissement sur la manière de servir des agents employés par la collectivité compétente.
VI. – Les RPI sont placés sous l’autorité du directeur des écoles publiques.
Pourquoi cette création de corps pour ces députés ?
Une des raisons de cette proposition de loi selon les députés signataires est que « toute réforme du statut des directeurs doit, selon la Cour des Comptes, s’accompagner d’une réflexion sur la gouvernance des écoles, notamment à travers des formes de coopération ou de regroupement entre établissements, seules susceptibles de permettre, à terme, l’exercice effectif d’une direction à temps complet. »
Tous les motifs de cette proposition de loi selon ces députés ?
« Le territoire de la République compte environ 47 400 écoles du premier degré, publiques et privées sous contrat, accueillant les élèves de l’enseignement pré-élémentaire et élémentaire. À la rentrée scolaire 2025, ces écoles scolarisent 6,155 millions d’élèves, encadrés par plus de 390 000 professeurs des écoles dans l’enseignement public, auxquels s’ajoutent les enseignants du secteur privé sous contrat.
Les écoles primaires – écoles élémentaires et écoles maternelles – offrent à nos concitoyens un service public éducatif de proximité auquel ils sont profondément attachés. Dans les zones rurales en particulier, l’école est souvent le cœur du village, participe de son identité et de son attractivité, et contribue au maintien de la vie locale.
Pourtant, les résultats de notre système scolaire demeurent préoccupants. Les évaluations comparatives internationales et les évaluations nationales régulières mettent en évidence les difficultés persistantes de l’école primaire à garantir à tous les élèves la maîtrise des savoirs fondamentaux. Une proportion importante d’élèves quitte l’école primaire avec des acquis fragiles en lecture, en écriture ou en mathématiques, ce qui compromet la poursuite de leur parcours scolaire.
Les causes de ce dysfonctionnement sont multiples, mais la question de la direction d’école constitue l’un des points de fragilité de l’organisation de l’école primaire.
Contrairement à leurs collègues du second degré qui disposent d’un statut particulier, de vastes domaines de responsabilités et des pouvoirs afférents, les directeurs d’école sont simplement des « primus inter pares » de leurs collègues professeurs des écoles. Dépourvus des moyens de pilotage et d’une direction effective, les directeurs du primaire ne peuvent exercer ni une autorité pédagogique ni une autorité administrative sur l’unité d’enseignement dont ils ont la charge.
Dépourvus des instruments de pilotage dont disposent les chefs d’établissement du second degré, les directeurs d’école ne peuvent exercer qu’une autorité fonctionnelle limitée sur l’unité d’enseignement dont ils ont la charge. Cette situation peut fragiliser la cohérence pédagogique et la capacité de pilotage des équipes éducatives.
Comme le préconise un récent rapport de la Cour des comptes, « créer un statut de directeur permettrait de clarifier le positionnement de ce dernier vis‑à‑vis de l’équipe pédagogique, de lui donner les leviers nécessaires pour piloter le projet d’établissement ou encore de renforcer son rôle auprès des partenaires extérieurs (par exemple, lors d’instances de pilotage de dispositifs éducatifs ».
Pour la Cour des comptes, toute réforme du statut des directeurs doit s’accompagner d’une réflexion sur la gouvernance des écoles, notamment à travers des formes de coopération ou de regroupement entre établissements, seules susceptibles de permettre, à terme, l’exercice effectif d’une direction à temps complet.
Enfin, l’absence fréquente de personnel administratif oblige les directeurs à assurer eux‑mêmes des tâches de gestion et de logistique qui réduisent d’autant le temps consacré au pilotage pédagogique et à l’accompagnement des équipes. À la différence de l’enseignement privé sous contrat, pour les établissements les plus importants, il n’existe pas, dans les écoles publiques, de fonction d’adjoint au directeur ou au chargé d’école.
Pour rappel, le chef d’établissement dans l’enseignement catholique est un « cadre dirigeant » qui a la responsabilité du projet éducatif de l’établissement, des projets pédagogiques, de leur cohérence et de leur mise en œuvre, dans le cadre d’une lettre de mission donnée par l’autorité de tutelle. Il préside le conseil d’établissement, est garant du projet d’établissement et anime la communauté éducative. Concernant le volet des ressources humaines, il a la charge du choix, de la formation et du perfectionnement de la communauté professionnelle et des bénévoles. Il est responsable de la constitution de l’équipe enseignante et de son suivi (il donne notamment son appréciation sur la pratique professionnelle des enseignants). Enfin, et concernant la gestion des finances, le chef d’établissement dispose des délégations nécessaires du conseil d’administration de l’organisme de gestion afin de proposer, d’ordonner et d’exécuter le budget de son établissement.
La loi n° 2021‑1716 du 21 décembre 2021 créant la fonction de directrice ou de directeur d’école a constitué une première étape en reconnaissant l’existence d’un « emploi de direction ». Toutefois, cette réforme n’a pas profondément modifié la nature juridique et administrative de la fonction. Les directeurs d’école ne disposent toujours pas d’un véritable statut comparable à celui des chefs d’établissement du second degré ni des moyens de pilotage nécessaires à l’exercice effectif de leurs responsabilités.
Or la fonction de directeur d’école comporte aujourd’hui une multiplicité de missions, dont la charge n’a cessé de croître au fil des réformes et de l’évolution des attentes de la société à l’égard de l’école : l’animation de l’équipe pédagogique ; l’organisation et la tenue des instances réglementaires de l’école ; la coordination avec les personnels intervenant dans l’école (AESH, ATSEM, personnels municipaux) ; l’organisation du temps scolaire et la gestion des absences d’enseignants ; les relations quotidiennes avec les parents d’élèves ; les relations avec les collectivités territoriales et les services communaux ; les échanges réguliers avec l’inspection de l’éducation nationale ; la gestion administrative de l’école ; le suivi de la sécurité des locaux et des élèves ; la gestion des incidents, signalements et situations sensibles ; et, dans la grande majorité des cas, l’enseignement dans leur propre classe.
Cette accumulation de responsabilités conduit de nombreux directeurs à exercer leurs missions dans des conditions particulièrement exigeantes, souvent marquées par une forte dispersion des tâches, une surcharge administrative et un risque accru de stress professionnel. »
Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2828_proposition-loi
Vos témoignages
SO : « Aujourd’hui la direction dans le 1er degré est devenue un métier à part entière… le recrutement même doit prendre une nouvelle tournure, des formations à la gestion du personnel, gestion des parents, gestion des élèves à profils particuliers, informatique, et bien évidemment des décharges à la hauteur des demandes. Les directions ne peuvent plus se gérer entre 2 portes… celle de la classe et celle de la direction. »
ID : « Je suis CONTRE. Car il est hors de question de diviser les directeurs, pourquoi certains seront considérés dans un corps car déchargés totalement ? Et les autres qui rament avec double charge: classe et direction. Pour moi, dès 5 classes, c’est impossible de faire efficacement classe et direction. Il faut une décharge totale dès 5 ou 6 classes. Avec des missions en plus: prendre des petits groupes, organiser des réunions sur temps scolaire avec les familles etc Donc hors de question que tous les directeurs n’aient pas le même statut. Syndicalement 🙂 »
SB : « Je suis CONTRE l’idée d’un corps de directeur pour les décharges complètes de 12 classes minimum. Un moyen assumé de regrouper les décharges pour les RPI et petites écoles, avec un souhait de fusion dans l’avenir ? Inadmissible ! Avoir 2, 3, 4 lieux avec des classes ou plus encore, une aberration. Les effets : aucune proximité avec les collègues ni les familles quand le ministre affirme (circulaire de rentrée) qu’il faut prêter une attention forte sur le climat scolaire. Tout ça pour donner un pouvoir décisionnel qui manque aux directeurs, en s’appuyant de surcroît sur le modèle du second degré et des écoles privées sous contrat !? Le premier degré garde ses spécificités pour une raison : ce n’est pas le collège, non, je ne veux pas que cela le devienne. Le dialogue sera rompu avec les équipes et les famille. Je veux également que l’école reste publique et les directeurs n’ont pas besoin de devenir des managers pour le compte du ministère ! Les tâches qui s’accumulent sans temps de décharge approprié c’est par des directives toujours plus nombreuses. On essaie désormais de nous expliquer comment faire pour que ça fonctionne car nos scores internationaux sont mauvais !? Non ! Désolé mais non. Les solutions existent et ce n’est pas un statut particulier qu’il faut ! Créer une fracture c’est diviser pour mieux régner. »
AP : « Je vote contre pour une partie de la loi: pourquoi un statut pour les directeurs en charge de 12 classes minimum ? Les responsabilités sont les mêmes que pour 11, 10…classes. »
CB : « J’ai choisi de voter contre car cela ne me semble pas idéal de faire co-exister deux fonctionnements a cause du nombre de classes. J’ai peur que cela ne crée des tensions. Il faut créer un corps pour tous. Après, je vous fait confiance pour défendre ce qui sera le plus porteur pour nos missions. Merci encore à vous pour votre engagement. »
CS : « Tout en ayant répondu favorablement au sondage sur la fonction de direction, je tiens à préciser que ce dispositif doit impérativement englober toutes les tailles d’école pour éviter de creuser les écarts actuels. Concernant les petites écoles, les directeurs pourraient dans un premier temps conserver une partie de service en classe, adossée à une décharge unique de 50 %. En tant que directrice d’une école de 5 classes en zone violence (hors REP), je mesure le besoin d’un tel aménagement : avoir plus de temps est une condition sine qua non pour développer des projets pédagogiques plus solides et ambitieux que ce que le quotidien nous permet aujourd’hui. »
MH : « Comme nombre de mes collègues j’ai voté POUR. Cependant, cette réforme doit s’appliquer à tous les directeurs. 10 classes cette année, je travaille bien plus que si j’en avais 12. Cette différence de statut serait totalement dénuée de sens. »
OB : « J’ai voté contre car en lisant la proposition de texte, je me rends compte que cela ne concerne que les directions totalement déchargées. Je suis le premier concerné car ayant une décharge totale 23 classes sur 4 sites en REP regroupant entre 350 et 400 élèves. Je suis pour un changement de statut et pourquoi pas de corps mais pas en faisant une distinction entre les % de décharge. Pour moi le métier de directeur est aussi important dans une école de 1, 2, 3 classes (ce qui a été mon cas pendant 10 ans) qu’avec + de 12 classes. Donc oui pour un changement mais englobant toutes les directions d’école. »
SB (2) : « J’y ai repensé cette nuit… je voulais rajouter que je suis POUR un STATUT pour les directeurs à la hauteur des enjeux et demandes que l’on nous fait mais CONTRE la proposition de loi créant un CORPS. Cette secondarisation va impliquer très rapidement des « directeurs et directrice de métier » qui n’auront jamais été PE.Un vécu éloigné de la classe pour tout ceux qui n’auront jamais été PE ! Ils piloteront des projets depuis leur bureau comme tous les PERDIR 2nd degré !? Un choix ferme pour les PE qui changent de corps aussi, ils ne pourront ainsi plus jamais redevenir PE, perdent ils le bénéfice du concours ? Très probablement ! Je m’étonne d’ailleurs que le S2de informe sur cette proposition de loi et demande un avis rapide à ses membres sans donner aucune clef de lecture. Je comprends le souhait de vraiment refléter ce que veulent les directeurs et directrices mais en lisant les avis des collègues je doute que tout le monde comprenne réellement les implications… Dernier élément : oui cela va créer des différences de traitement entre chargé d’école et vrai « directeur ». Quelles seront les missions du chargé d’école ? Je vois gros comme une maison le fait qu’on impose à toutes les écoles de France de se regrouper par 12 classes au moins. Économies de budget… Un monde qui ne me fait pas envie ! »
OB : « J’ai voté contre cette proposition de loi car la solution au problème de la direction des écoles en France ne me semble pas être la bonne. Il faut que les choses évoluent, mais ce n’est pas de mon point de vue la bonne solution.
Les directrices et directeurs ne disposent aujourd’hui pas de suffisamment de temps pour assurer l’ensemble de leurs missions, surtout avec la publication du nouveau référentiel métier de mai 2026, elles/ils sont aujourd’hui possiblement isolés au sein de leur équipe par manque de délégation.
Je suis pour ma part favorable à un système de direction plus proche du modèle espagnol avec une ‘équipe de direction » dans chaque école : direction, adjoint direction, secrétariat, composée de trois PE, qui continuent tous les trois d’exercer une mission d’enseignement face élève (6h par semaine par exemple), mais disposent aussi tous les trois de temps de décharge pour assurer leurs missions au service du collectif. Ce fonctionnement plus collégial me semble nettement plus pertinent que celui d’un « super directeur » seul, rattaché à plusieurs équipes d’enseignants. Je pense que le risque est grand que ce « super directeur » ne se coupe du terrain et par la même de son/ses équipe(s). L’école a au contraire besoin de personnels impliqués, connus et reconnus, qui puissent déléguer des missions à des collègues de l’école, connaissant parfaitement et finement le terrain, les élèves, les familles, l’équipe, les partenaires et le contexte de l’école. »
DB : « Je suis tout à fait pour un statut de directeur car nous avons des contraintes et des responsabilités croissantes. Mais un directeur reste un directeur, qu’il soit en charge d’1 ou 17 classes. Les obligations, les tâches quotidiennes sont les mêmes à plus ou moins grande échelle. Il y a bien un seul référentiel de compétences ! C’est bien la preuve que nous avons TOUS le même rôle.
Donc OUI pour le statut, NON pour le faire en fonction du nombre de classes. Nous sommes tous des directeurs /directrices. »
OC : « J’ai lu déjà beaucoup de choses parmi les témoignages publiés sur le site du S2DE. Étant donnée la grande diversité de situations et de problématiques, les réponses sont logiquement très variées.
Pour ma part, je ne parlerai que de ce que je connais.
Je fais partie des heureux et heureuses qui sont dans une école à 3 classes et qui bénéficient de 12 jours de décharge annuels…
Concernant la création d’un « corps », je ne suis pas favorable : pour moi cela induit une séparation entre direction et enseignement à l’image du secondaire. Donc un clivage d’une façon ou d’une autre. Un directeur/directrice a besoin, dans une certaine mesure, d’être proche du terrain. Nous avons déjà assez de strates administratives à l’éducation nationale sans avoir besoin d’en rajouter. C’est déjà l’armée mexicaine !! (que des chefs, plus de soldats !!)
Maintenant, pour modérer ce propos, c’est surtout le cas pour les petites écoles (moins de 6 classes). J’entends que les problématiques sont différentes au-delà.
Selon moi, un vrai statut de directrice/directeur, s’il est bien construit et bien concret, est suffisant dans un premier temps.
Quoi qu’il en soit, c’est de moyens dont ont besoin les directions d’école, pas d’une énième étiquette sur un bocal vide….Les moyens c’est des jours de décharge en plus, c’est un statut d’établissement d’enseignement pour l’école, c’est une indépendance financière pour ne pas demander l’aumône à sa mairie, c’est une secrétaire pour les écoles de plus de 6 classes par exemple, c’est des bâtiments isolés, fonctionnels et climatisés (!!), c’est un rythme scolaire différent de celui imposé par l’industrie du tourisme, c’est des intervenants extérieurs qualifiés en langues, en sport, en art….Je pourrais continuer longtemps, et nous sommes nombreux(ses) à avoir plein d’idées concrètes sur le sujet.
Par ailleurs, je pense qu’il y a de vraies différences de « profils » parmi nous : certain(e)s gèrent ou veulent gérer des écoles à 8, 10 ou 12 ou plus de classes, et ne veulent pas forcément avoir de temps d’enseignement / d’autres (dont je fais partie) sont attachés au fait d’enseigner et ne se voit pas « hors classe » (sans mauvais jeu de mot !).
J’ajoute que la problématique en milieu rural, voire très rural (!) ( ce qui est mon cas) n’est pas la même qu’en territoire urbain et/ou en agglomération.
On peut difficilement mettre tout le monde dans le même panier.
Il n’y a donc pas qu’un seul et unique métier de directeur(rice), c’est ce qui complexifie les choses à mon sens.
En conclusion, corps ou pas corps, l’essentiel c’est les moyens, le statut, l’indépendance et la liberté financière… Je suis pour mutualiser les écoles en milieu rural. Avoir une palanquée d’écoles à une classe est une aberration. Les regroupements peuvent être des RPC. Mieux vaut un directeur 4 classes heureux que 4 chargés d’écoles malheureux.
Merci pour tout ce que vous faites !! »
PS : « La création d’un corps est un réel danger car c’est la porte d’entrée pour des personnes qui passeront un concours sans avoir mis les pieds en classe ou même dans une école. De plus je suis contre la différenciation écoles des villes / écoles des champs et l’éventuelle possibilité de regrouper des écoles de « petites tailles » pour créer artificiellement des grosses structures avec un « super directeur » . il faut absolument un directeur présent physiquement dans chaque école pour anticiper les problèmes, prendre des décisions rapides, faire du relationnel en permanence ……..
On s’est battu contre un projet (EPSF) qui visait à mettre des écoles sous la coupe d’un principal de collège, ce n’est pour rien.
Directeur de 2 classes ou 20 classes, mêmes responsabilités juridiques et potentiellement mêmes problèmes à gérer donc même reconnaissance, ce qui diffère c’est le temps de travail.
Pour moi, il faut se battre pour : l’augmentation des décharges, priorité absolue avant la rémunération, l’octroi d’un complément de décharge (parmi un adjoint) pour les écoles à 100%, un secrétariat pour les écoles qui en font la demande (même délocalisé et mutualisé), limiter les nombres de classes par école à 15 (et donc redécouper en 2 les structures déjà existantes), donner au directeur un vraie autonomie vis à vis de l’IEN, ce que devrait permettre la loi Rilhac. »
NF : « Je suis pour un corps et un statut des directeurs mais pour tous les directeurs. Je ne suis pas pour un directeur pour plusieurs écoles et je crains que cette loi y mène. »
LP : « Je vous apporte aujourd’hui les explications de mon vote :
Directrice d’école élémentaire de 6 classes, j’ai la chance de travailler avec une équipe dynamique et soudée. Ce n’est pas le cas partout, il existe de nombreuses inégalités entre écoles.
Un directeur d’école n’est pas supérieur hiérarchique de ses collègues. C’est pourtant lui qui est responsable de la sécurité des élèves et désigné comme responsable en cas de problème. Un directeur d’école engage sa responsabilité pénale. Le temps passé à travailler est énorme, en particulier pour les petites écoles avec 12 décharges par an, où le travail se fait essentiellement sur temps personnel pour une prime injustement peu élevée. Je pense aussi aux directeurs qui gèrent en plus une classe parfois à double, triple voire même quadruple niveaux… C’est un travail extrêmement fatiguant. Rien de tout cela n’est reconnu.
Je vote pour la création d’un corps spécifique afin que la prime soit transformée en salaire (pris en compte lors de la retraite) avec possibilité d’évolution, tant en terme de formation qu’en terme de tâches à accomplir, pour pouvoir prétendre à une progression de carrière.
De nombreux postes de direction restent vacants chaque année, parce qu’il y a de moins en moins de volontaires face aux très nombreuses responsabilités et à la faible prime octroyée. Le turnover est également grandissant. Cette observation est réelle et doit être prise en considération.
Etre directeur d’école aujourd’hui, c’est être responsable administratif, organisationnel et relationnel, avoir tous les inconvénients mais quels avantages… ?
J’aime être en alternance entre la classe et le bureau. C’est réalisable selon les cas, mais il faudrait aussi définir plus clairement les tâches à accomplir (peut-être pas les mêmes selon le nombre de classes), définir plus clairement les responsabilités de chacun, définir plus clairement un salaire décent… »
TC : « Pourquoi j’ai voté NON à cette proposition.
Je pense comme beaucoup qui ont déjà répondu que la création d’un corps n’est pas souhaitable. Cela va être couplé à un concours qui fera venir dans les écoles des administratifs totalement coupés du terrain, un peu comme un chef d’établissement dans le secondaire.
Par contre je militerai toujours pour la création d’un statut.
Je pense que le fait de regrouper les écoles sous une direction unique, mouvement déjà en marche, n’est pas nécessairement une mauvaise chose si cela se fait avec un logique claire de mutualisation de moyens et une logique géographique. En soit cela ne me choque pas. Une collègue faisait la remarque qu’il fallait faire comme en Espagne mais connaissant bien ce pays, il faut savoir que la dimension des écoles est autrement plus importante.
Je pense que le statut devrait prévoir une décharge totale à partir de 5 classes et 50% pour les autres. Pour garder un pied dans le réel il serait possible de moduler sur une charge d’enseignement pour permettre des décloisonnements, la mise en place de projets… mais en laissant le directeur libre de classe. Cet charge d’enseignement pourrait avoir des horaires globalisés modulables en fonction des moments de l’année et des besoins.
Syndicalement »
LL : « J’ai voté contre le texte tel qu’il est actuellement proposé. Je suis opposée à ce minima des 12 classes pour créer un corps spécifique. La mission de directeur n’a pas à être considérée de façon différente selon le nombre de classes en charge. Cela ouvre aussi à des regroupements et des écoles usines, perdant leur âme. Ce dont nous avons besoin, c’est de TEMPS. Je suis déchargée 6 heures pour la direction, j’en effectue entre 15 et 25 selon les semaines : la partie administrative est chronophage, le pilotage pédagogique ne peut se faire sur un claquement de doigt, sans préparation en amont. Je reconnais cependant que parfois, la question d’avoir une réelle autorité (pas uniquement fonctionnelle, qui nous colle des responsabilités lourdes selon les situations sans nous donner les moyens) serait facilitateur. »



