
Élisabeth BORNE a donc dévoilé la semaine dernière, le 6 mai, son plan pour « mettre fin aux biais genrés lors de l’orientation« , et ce dès la primaire.
3 « piliers » sont prévus par la ministre, le premier ne concernant que le premier degré.
Pilier 1 : Former dès la rentrée 2025 les personnels de l’Éducation nationale aux « biais de genre »
Premier temps : Dès la rentrée 2025, les PE bénéficieront d’une « sensibilisation aux biais de genre » d’une durée de 2h, avant le 15 septembre, qui sera dispensée par les directrices ou directeurs d’école (nous), les chefs d’établissement ou les référents égalité filles-garçons (présents uniquement dans le second degré) », eux-mêmes formés au préalable par le Ministère.
Cette formation « s’appuiera sur les indicateurs statistiques propres à chaque établissement ». Archipel va encore nous dévoiler des chiffres sur notre école…
Le Ministère veut également engager à la rentrée 2025 un « plan de formation pluriannuel pour tous les professeurs des écoles et les professeurs de mathématiques du second degré » sur les biais de genre et les stéréotypes dans l’apprentissage des mathématiques. Cette formation durera « au moins une journée », avec pour but « d’analyser les gestes professionnels, faire prendre conscience des risques de reproduction involontaire » comme « la gestion des prises de parole en classe ou les appréciations portées sur les bulletins scolaires ».
« Les filles ont moins confiance en elles en mathématiques et donc ne lèvent pas la main. Si l’enseignant n’est pas attentif à cela, il interroge toujours les garçons et pas les filles. Et dans les appréciations, on dit que les filles sont ‘consciencieuses’ et les garçons ‘brillants’. Cela n’encourage pas les filles« , a déclaré Élisabeth BORNE sur France Inter.
Par ailleurs, une « charte de lutte contre les stéréotypes » sera affichée dans nos salles des maîtres « rappeler les points de vigilance pour mieux prévenir la reproduction des stéréotypes ».
Second temps : Un plan de formation pluriannuel permettra de former tous les PE et les professeurs de mathématiques du second degré à la prévention des biais de genre et des stéréotypes dans l’apprentissage des mathématiques.
Cette formation visera à analyser les gestes professionnels, faire prendre conscience des risques de reproduction involontaire qui apparaissent par exemple dans la gestion des prises de parole en classe ou dans les appréciations portées sur les bulletins scolaires.
Cette formation d’au moins une journée concernera les 370 000 PE, les 24 000 professeurs de mathématiques de collège et les 12 000 professeurs de mathématiques de lycée général et technologique. Elle s’inspirera d’une expérimentation menée dans l’Académie d’Amiens qui aura permis en 3 ans d’inciter 100 filles de plus à choisir l’enseignement de spécialité de mathématiques.
Cette formation commencera dès la rentrée 2025. Tous les PE seront formés au cours des 4 prochaines années.
Pilier 2 : Des classes à horaires aménagés en 4 et en 3e
Face au constat que « les filles représentent 55 % des élèves de seconde générale et technologique, mais que […] 33 % font le choix de l’enseignement optionnel de mathématiques expertes », le Ministère veut « renforcer la place des filles dans les enseignements qui ouvrent vers les filières d’ingénieur et du numérique ».
D’abord à travers la mise en place d’objectifs cibles au lycée : en 2030, le plan vise que 30 000 filles de plus choisissent l’enseignement de spécialité de mathématiques en classe de première et le conservent en terminale.
Le Ministère veut aussi mettre en place des « classes à horaires aménagés en 4e et en 3e en mathématiques et en sciences avec des partenaires de l’enseignement supérieur et de la recherche ». Ces dispositifs « existent aujourd’hui pour la musique, pour le théâtre par exemple », rappelle Élisabeth BORNE. « L’objectif est d’avoir des activités supplémentaires pour découvrir les sciences et les mathématiques autrement, avec des chercheurs, des partenaires. Ces classes devront accueillir 50 % de filles ».
Une dizaine de classes seront expérimentées dans cinq académies à la rentrée 2025 (Amiens, Bordeaux, Martinique, Nancy-Metz et Normandie), avant une généralisation à la rentrée 2026, « avec une classe par département ».
Pilier 3 : Rencontres avec des « femmes modèles » de la 3e à la Terminale
Pour « ouvrir les horizons des jeunes filles et susciter des vocations », le plan veut organiser des « rencontres systématiques avec des rôles modèles de la 3e à la terminale ».
Ce dispositif fait partie du programme d’éducation à l’orientation, qui sera présenté par Élisabeth BORNE fin mai.
Il comportera une mesure « disposant que chaque année, de la 3e à la terminale, un réseau d’associations, d’étudiants ou de branches professionnelles sera mobilisé par les chefs d’établissement pour que des femmes, rôles modèles, puissent présenter leur parcours à des jeunes filles ».
Le dispositif sera expérimenté « dans des académies volontaires à la rentrée 2025, pour une généralisation en 2026 ».
Les objectifs du plan
- Doubler le nombre de femmes dans les filières STEM et passer de 25 % à 40 % de féminisation à horizon 2030,
- changer durablement les représentations en luttant contre les stéréotypes, via notamment la sensibilisation à la pédagogie égalitaire,
- se fixer des objectifs à tous les niveaux : les établissements d’enseignement supérieur doivent se fixer des objectifs de 40 % de féminisation à horizon 2030,
- prendre des décisions fortes à court terme pour enclencher une dynamique, comme garantir au moins 30 % de femmes dès 2030 dans l’accès aux CPGE à dominante STEM, ou introduire des quotas de femmes pour les recrutements nationaux d’enseignants.



