Le débat revient dans tous les établissements scolaires à chaque période où les températures sont basses (décembre-février) ou élevées (juin-juillet) pour la métropole sans oublier comme nous le raconte une collègue de la Réunion que là-bas « les mois de janvier, de février et parfois de mars sont les mois les plus chauds avec des températures en extérieur qui peuvent monter jusqu’à 40 degrés ! À l’intérieur dans les classes c’est un four ! »

Source : https://www.leparisien.fr/paris-75/chauffage-en-panne-rentree-glaciale-pour-deux-ecoles-parisiennes-05-01-2026-2WXLUXLBMNBQZE6UB4FSDIOJ5E.php

Source : https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/haute-vienne/chauffage-coupe-le-maire-ferme-l-ecole-pour-la-rentree-et-des-parents-croient-a-un-canular-3276647.html

Source : https://www.estrepublicain.fr/education/2026/01/06/9-dans-les-classes-trois-etablissements-scolaires-fermes-faute-de-chauffage

Mais comme nous sommes à quelques semaines des élections municipales, certains maires voient d’un mauvais oeil les commentaires des parents d’élèves sur les réseaux sociaux si une école de leur commune ferme faute de chauffage… Des votes qui disparaissent…

Ensuite de nombreux directeurs estiment qu’il faudrait vraiment une norme… officielle…

Deux députés s’emparent de cette problématique, un pour une question au gouvernement et un autre pour une proposition de loi.

Le député du Loiret Emmanuel DUPLESSY s’est ainsi emparé de cette question le 13 janvier 2026 en interrogeant le ministère de l’Education.

« M. Emmanuel DUPLESSY attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale sur les températures relevées dans les établissements scolaires au cours de l’épisode de froid exceptionnel du mois de janvier 2026.

Dans le département du Loiret, plusieurs établissements ont été contraints de fermer, dont le lycée Maurice-Genevoix à Ingré, tandis que d’autres comme le collège Dunois à Orléans ont subi d’importants dysfonctionnements de chauffage.

Des difficultés similaires ont été observées au même moment sur l’ensemble du territoire national et ont fortement perturbé la continuité du service public d’éducation.

Ce phénomène n’est pas isolé : il s’était déjà produit l’hiver précédent, révélant la vulnérabilité du bâti scolaire face aux épisodes climatiques extrêmes, mais aussi en juin 2025 où près de 2 000 établissements ont dû fermer en raison d’un épisode de canicule.

L’âge moyen du patrimoine scolaire français dépasse les 40 ans, avec une part significative construite avant 1975, date de la première réglementation thermique.

La mauvaise isolation de nombreux bâtiments entraîne à la fois un gaspillage énergétique et des conditions d’apprentissage dégradées pour les élèves et personnels éducatifs.

Aujourd’hui, la décision de suspendre les cours en cas de températures extrêmes relève du seul pouvoir d’appréciation des chefs d’établissement. Cette gestion au cas par cas risque de créer des inégalités entre territoires et ne répond pas à l’urgence climatique.

Une proposition de loi déposée par le député Arnaud Bonnet vise à instaurer des normes nationales de température dans les établissements scolaires et universitaires, définies par arrêté ministériel, en tenant compte de l’âge des élèves et des conditions locales.

Elle s’appuie sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, qui considère qu’une température inférieure à 14°C ou supérieure à 30°C présente un risque réel pour la santé.

Aussi, il lui demande si le Gouvernement entend fixer des seuils nationaux minimaux et maximaux de température dans les établissements scolaires et s’il compte accélérer la rénovation énergétique du bâti scolaire, afin de garantir à chaque élève des conditions d’apprentissage dignes et conformes aux exigences de santé publique. »

La proposition de loi PPL du député Nicolas BONNET du Puy-de-Dôme qui vise à instaurer des normes de températures dans les établissements scolaires et universitaires a été déposée le vendredi 11 juillet 2025.

Le contenu de cette PPL

L’article 1er vise à donner la responsabilité au ministre de l’Éducation et au ministre de la Santé de définir par arrêté des normes de températures minimales et maximales dans les établissements scolaires en fonction de l’âge et du développement des enfants. Il vise également à inscrire dans la loi un encadrement des températures entre 16 degrés et 30 degrés au‑delà duquel aucune activité ne pourra avoir lieu, encadrement fixé entre 16 degrés et 28 degrés pour les activités physiques. 

L’article 2 vise à interdire aux personnels de l’éducation de travailler lorsque les températures sont situées en dessous de 14 degrés ou au‑dessus de 30 degrés, ou 28 degrés pour les activités physiques. Il instaure également la responsabilité du ministre de l’Éducation et du ministre de la Santé de lister par arrêté les activités dont la nature autorise la dérogation à cette norme. 

L’article 3 concerne les établissements d’enseignements supérieurs et de recherche et interdit le fait que des activités puissent avoir lieu lorsque les températures sont situées en dessous de 16 degrés ou au‑dessus de 30 degrés, ou 28 degrés pour les activités physiques. Il instaure également la possibilité pour le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et le ministre de la Santé de lister par arrêté les activités dont la nature, la nécessité pédagogique ou la nécessité de recherche autorise la dérogation à cette norme. 

L’article 4 reprend les éléments de l’article 1er pour les appliquer aux locaux où se déroulent des activités périscolaires. 

L’article 5 vise à intégrer dans le règlement intérieur des établissements scolaires les normes de températures applicables. 

L’article 6 vise à charger le ministre chargé de l’éducation nationale de définir un plan d’accueil des élèves lors des épisodes de températures dépassant les seuils ou lors des alertes de vigilances météorologiques. Il rend également les rectorats et les collectivités territoriales responsables de sa mise en œuvre. 

L’article 7 vise à contraindre le Gouvernement à remettre chaque année au Parlement un rapport concernant l’adaptation des établissements aux changements climatiques. 

Le ministère propose depuis 2019 cette fiche sur les ambiances thermiques dans les établissements scolaires

Quel est le rôle du directeur d’école et du chef d’établissement ?

Il est responsable de la santé et du confort d’usage des élèves et personnels et doit signaler les problèmes à la collectivité propriétaire des locaux, responsable des mesures à mettre en œuvre. En cas de situation exceptionnelle (grand froid, canicule), il prévient les autorités, applique les consignes spécifiques et prend toutes dispositions visant à assurer la protection de tous.

Des normes et recommandations font-elles état de valeurs chiffrées ?

Oui.

Elles ne présentent pas toutes un caractère obligatoire mais constituent cependant des repères utiles pour signaler les risques et atteintes éventuels à la santé des personnes.

Pour des raisons d’économie d’énergie, il est recommandé que les locaux d’enseignement ne soient pas chauffés au-delà d’une température moyenne de 19° C, à l’exception des locaux hébergeant des enfants en bas âge où la législation impose de ne pas dépasser une limite supérieure moyenne de chauffage à 22° C (code de l’énergie, articles R.241-25 à 29 ; arrêté du 25 juillet 1977).

Selon l’Organisation mondiale de la santé, des risques d’atteintes à la santé sont réels lorsque les températures dans les locaux sont inférieures à 14 °C ou supérieures à 30 °C.

Mise en forme, TP, 13 janvier 2026