La loi dite « RILHAC » fut votée en décembre 2021, elle avait été portée par la députée Cécile RILHAC sous le ministre BLANQUER.

Elle visait à reconnaître la fonction de directeur d’école et à améliorer ses conditions d’exercice.

Nous fêterons en décembre prochain les 5 ans de son vote, le bilan, il faut le reconnaître, est très contrasté : des avancées réelles… mais surtout beaucoup de limites dans leur mise en œuvre.

L’Assemblée nationale dans le cadre de l’évaluation de la mise en pratique des lois auditionnera le S2DÉ fin mai 2026.

La délégation, qui sera reçue par les deux rapporteurs parlementaires, vous propose de faire remonter vos témoignages sur l’application de la loi « RILHAC » selon vous.

Vos retours sont attendus avant le 15 mai prochain soit à l’adresse générique suivante : 24heures6mois@s2de.fr soit en les envoyant à votre référent départemental qui fera alors un bilan des retours de son département (les adresses de vos référents sont ici).

Si vous souhaitez que votre témoignage paraisse in extenso dans cet article, il vous faudra toutefois l’envoyer à l’adresse » générique.

Si on fait un premier bilan rapide de cette loi, que peut-on en dire ?

Une reconnaissance institutionnelle (plutôt symbolique)

  • Le directeur devient délégataire de l’autorité académique dans l’école 
  • La fonction est enfin inscrite dans la loi (avant : statut flou)

C’est un changement juridique important… mais sans création d’un vrai statut hiérarchique.

Une (petite) revalorisation financière

  • Mise en place d’une bonification d’ancienneté (3 mois par année de direction d’école)
  • Revalorisation salariale en 2023

C’est un point plutôt consensuel, mais jugé insuffisant au regard des responsabilités.

Des évolutions RH (tardives)

  • Formation préalable pour devenir directeur (depuis 2023) 
  • Mise en place d’une évaluation spécifique (tous les 3 à 5 ans) qui fait polémique

Une loi longtemps… inappliquée

  • Décrets et arrêtés publiés seulement en 2023
  • Retards liés aux changements ministériels 

Résultat : pendant 2 ans, la loi est restée largement théorique.

Pas de moyens contraignants

  • L’aide administrative est prévue… mais non obligatoire
  • Flou sur qui doit la fournir (État ? communes ?) 

Le reproche central : une loi sans obligation de moyens

Des conditions de travail peu améliorées

  • Charge administrative toujours très lourde
  • Cumul des rôles (enseignant + gestion + relations familles + relations mairie…)
  • Peu de décharges supplémentaires

Une autorité toujours ambiguë

  • Le directeur reste sans autorité sur les enseignants
  • Position intermédiaire inconfortable (entre équipe, mairie, hiérarchie)

En résumé : des responsabilités accrues… sans réel pouvoir

Ce qui ressort très clairement 5 ans après :

Points positifs

  • reconnaissance officielle du rôle de la directrice ou du directeur d’école
  • légère amélioration financière
  • cadre de formation/évaluation

Points négatifs (majoritaires)

  • peu d’impact concret au quotidien
  • manque de moyens humains
  • complexité accrue du métier
  • réforme jugée “symbolique” par beaucoup d’acteurs 

Si on résume en une phrase :

Une loi de reconnaissance… mais pas une loi de transformation. Si elle nomme le problème (le rôle des directeurs), elle ne le résout pas vraiment (il suffit de regarder nos conditions d’exercice)…

Mise en forme de TP, 15 avril 2026

Vos témoignages reçus au 28 avril 2026

Retour 21 : Pour la loi Rilhac on a dit souffrance ils ont répondu responsabilités accrues, tâches supplémentaires et évaluations permanentes à tous les étages. Une loi hors sol bref une cata.

Retour 20 : La loi Rilhac représente une avancée significative pour les directeurs d’école, en reconnaissant enfin la complexité de nos  missions et en nous  offrant une revalorisation salariale minime mais c’est un petit pas. Cette réforme est un premier pas vers une meilleure considération de notre rôle central dans le système éducatif il reste encore beaucoup à faire.

 La réalité du terrain impose une évidence : Nous  directeurs avons  besoin de bien plus de temps de bureau pour assurer l’ensemble des missions qui nous  incombent. Il est impensable d’imaginer une école où tous les adultes sont en classe, sans personne pour gérer le quotidien administratif et logistique. Et pourtant c’est le quotidien de toutes les écoles à classe unique et des petites écoles et  c’est le cas 3 jours sur 4 de toutes les écoles de moins de 8 classes  et c’est le cas 1jur sur 2 pour les écoles de moins de 11 classes … Une aberration ! 

Au-delà de l’accueil des élèves, des familles et des visiteurs, le directeur doit assurer :

  • la comptabilité et la gestion des budgets,
  • l’accueil des futurs élèves et leur intégration,
  • les liaisons avec les partenaires (collège, mairie, associations, intervenants extérieurs),
  • la réponse aux sollicitations téléphoniques et aux mails,
  • la sécurité des locaux et des personnes,
  • La gestion des conseils de maitres de cycles et projets d’école
  • Impulser et suivre des projets
  • Faire les évaluations des aesh et les EDT ainsi que le suivi de leurs missions
  • La liaison avec les atsems, les agents 
  • Recevoir les parents 
  • l’accueil et la surveillance des élèves malades,
  • l’organisation et le suivi des projets collectifs,
  • l’aménagement et l’entretien des espaces.
  • etc etc 

Une dichotomie insupportable : classe ou direction ?
Dans le secondaire, les chefs d’établissement sont déchargés d’enseignement et bénéficient d’une équipe dédiée (adjoint, CPE, AED, gestionnaire, secrétaire, infirmière). À l’école primaire, en tant que directeur nous devons sans cesse arbitrer entre faire vivre notre classe et faire vivre notre  école. Ce choix permanent est une violence professionnelle : il génère le sentiment de ne jamais bien faire, ni dans l’une ni dans l’autre de nos missions.

La loi Rilhac est une première étape, mais elle doit s’accompagner d’une réflexion profonde sur les moyens humains et matériels alloués aux écoles. Sans personnel administratif dédié (AED, secrétaire, etc.), sans reconnaissance réelle du temps nécessaire à la gestion, nous  directeurs restons pris dans un étau, au détriment de la qualité éducative et du bien-être de tous.

Retour 19 : Dans mon département, la loi Rilhac ne nous est réellement présentée et rendue visible que depuis la rentrée 2024.

Si certaines évolutions sont perceptibles — notamment une légère revalorisation salariale et une augmentation de ma décharge (passée de 1/4 à 1/3) — elles restent, dans les faits, largement contrebalancées par une augmentation significative de la charge de travail et de la charge mentale.

En effet, je constate une multiplication des procédures, souvent complexes et peu efficientes. Les outils censés simplifier notre travail le rendent, paradoxalement,  plus lourd et moins lisible. À titre d’exemple, le document hebdomadaire « Mon’Cher École », qui centralise les informations via des liens multiples, nécessite de nombreuses manipulations pour accéder aux contenus. Ce mode de communication contribue davantage à une forme de dispersion et de surcharge cognitive qu’à une réelle simplification.

Par ailleurs, il s’installe une forme de glissement dans les attentes institutionnelles : l’augmentation des décharges et la revalorisation financière sont interprétées comme une invitation à un investissement accru, alors même que la loi visait initialement à reconnaître un engagement déjà très important.

Dans le même temps, la relation avec la hiérarchie s’est dégradée. Certaines réponses apportées manquent de considération ou de soutien, et sont perçues comme descendantes, voire disqualifiantes. Cela fragilise le positionnement du directeur, pourtant censé piloter son école.

Ce sentiment est renforcé par des pratiques de fonctionnement incohérentes : des initiatives pédagogiques peuvent être proposées directement aux enseignants sans que le directeur en soit informé ou associé, alors même qu’il lui est demandé d’assurer un rôle de pilotage. À l’inverse, les directeurs sont sollicités pour participer à de nombreuses réunions ou visioconférences, en dehors du cadre réglementaire.

Au regard de ces éléments, le bilan que je fais aujourd’hui est globalement négatif. La loi Rilhac a apporté une reconnaissance symbolique, mais elle n’a pas permis d’améliorer concrètement les conditions d’exercice du métier. Dans certains cas, celles-ci sont même dégradées.

Les directeurs d’école ont aujourd’hui besoin de :

  • reconnaissance réelle de leur rôle,
  • soutien explicite et constant de leur hiérarchie,
  • clarification de leur positionnement,
  • et surtout d’un allègement tangible de leur charge de travail.

Cela est d’autant plus essentiel qu’ils doivent continuer à assurer leur mission d’enseignement dans un contexte où les besoins des élèves sont de plus en plus complexes.

En l’état, il existe un décalage important entre les intentions de la loi et la réalité du terrain.

Retour 18 : On nous demande aujourd’hui de ne plus seulement faire fonctionner l’école, mais de la piloter.  Très bien. Mais sans carburant, on fait comment ? 

La loi Rilhac a clarifié le rôle du directeur et reconnu sa fonction de pilotage. 

Sur le principe, c’est une avancée. Dans une école comme la mienne – 16 classes (après une fermeture décidée pour la rentrée prochaine), près de 400 élèves, une section internationale, un nombre important d’élèves à besoins particuliers – cette reconnaissance est cohérente avec la réalité du terrain.  

Car oui, nous pilotons déjà. Et depuis longtemps. Mais piloter sans moyens supplémentaires, c’est une autre histoire.   

Sur le même poste (à profil) depuis 11 ans, j’ai vu mon école passer de 19 à 16 classes. Dans le même temps, je pilote un dispositif de section internationale allemande : jusqu’à 10 postes d’allemand il y a encore peu, contre 4 prévus seulement à la rentrée prochaine.  

On voit bien la réalité : baisse des moyens, difficulté à être attractif, postes non pourvus, sans aucune reconnaissance spécifique pour tenir ce dispositif.  

Par contre, le temps de travail, lui, ne diminue pas.
Au contraire : plus de coordination, plus d’ajustements, plus de gestion quotidienne.

L’auto-évaluation de l’école le confirme très clairement : le pilotage s’exerce aujourd’hui dans un fonctionnement sous tension, marqué par des réorganisations permanentes et une gestion de l’urgence devenue structurelle.   

Côté école inclusive, les évolutions vont dans le bon sens. Mais là encore, le décalage avec les moyens est très fort.  L’école est passée de 2 AESH à 11 aujourd’hui. Dans certaines classes, notamment en maternelle, on peut compter jusqu’à 3 à 4 élèves notifiés.  À l’échelle de l’école, cela représente des volumes très importants d’élèves à besoins éducatifs particuliers, avec parfois jusqu’à 5 à 6 élèves notifiés dans une même classe en élémentaire.

Les équipes tiennent, mais les équilibres sont extrêmement fragiles. Ça craque un peu partout.  Pour couronner le tout, un dispositif ULIS va être ouvert dans l’école. C’est une avancée pour les élèves, mais cela va aussi ajouter une charge supplémentaire pour l’équipe et pour la direction.  J’ai alerté sur ce point : avec 16 classes et une section internationale à piloter, cela risque de complexifier encore davantage le poste. Aucun moyen supplémentaire n’est prévu à ce stade.   

Quand j’ai débuté dans cette école, je bénéficiais d’une aide à la direction et de deux services civiques. Ces aides ont disparu.  

Aujourd’hui, je suis sous l’eau en permanence, en mode dégradé, avec une crise qui en chasse une autre. L’école encaisse de plus en plus, et personne ne vient réellement en appui.  

Ce constat n’est pas isolé. Il recoupe très précisément les analyses du rapport d’auto-évaluation, qui met en évidence une augmentation des exigences de travail, des tensions relationnelles et un déficit d’aides humaines comme facteurs majeurs de dégradation des conditions d’exercice (pas de remplaçants, beaucoup d’absences d’AESH et d’enseignants).

Côté collectivité, le changement de paradigme n’est pas encore pleinement intégré. Cela génère des tensions entre le scolaire et le périscolaire, ainsi que des incompréhensions avec les familles.   

La question de la décharge reste centrale. Dans un contexte de fermetures de classes, la perte de temps de décharge fragilise directement l’exercice de la direction, alors même que les responsabilités, elles, continuent d’augmenter.  

Nous ne pouvons pas oublier ce que le drame de Christine Renon a révélé.   
La loi Rilhac a reconnu la fonction. Mais elle n’a pas apporté les moyens nécessaires pour l’exercer pleinement.  Les directrices et directeurs restent en première ligne sur des sujets de plus en plus lourds : pilotage pédagogique, inclusion, sécurité, relations avec les familles, coordination des partenaires… souvent sans cadre clair ni appui suffisant.   

Le décalage entre les attentes et les moyens est aujourd’hui trop important.  

En résumé : on nous demande de piloter, mais sans les moyens de le faire.  On ne pilote pas une école à vide.  

Retour 17 : e vous joins mon témoignage de directrice, 9 ans d’ancienneté dans une école plutôt tranquille de 5 classes.

C’est une mission que j’ai choisie, et que j’apprécie pour la richesse de ses actions ainsi que la diversité des partenaires rencontrés.

Quel bilan de ma mission de direction après les évolutions de la loi Rilhac ?

– Un alourdissement général des demandes : mairie, hiérarchie, administratif.

– De nouvelles missions mais aucun temps supplémentaire pour les mettre en œuvre

– De nouvelles responsabilités, mais pas vraiment les moyens d’en être responsable

– Une mission renforcée de la protection de l’enfance (avec une responsabilité accrue en cas de manquements), mais aucune protection pour nous quand la famille part en vrille et obtient (facilement) le contenu des informations préoccupantes pour s’en prendre directement à l’équipe et au directeur.

– Une évolution des relations avec les collègues, entre confiance pour certains, et méfiance pour d’autres. Pas facile à conjuguer au quotidien quand on propose des actions.

– Et le pilotage pédagogique ? Parlons-en… Comment mettre en place une action que même les formateurs ont du mal à cerner de façon pragmatique. On ne s’improvise pas formateur auprès de son équipe d’école, et piloter demande un temps considérable de réflexion en AMONT de la réunion… temps que nous n’avons pas (ou alors, comme souvent, au détriment de l’équilibre familial).

– Les formations ? J’ai obtenu 3 formations cette année (les premières depuis ma formation initiale de directrice !) : elles ne m’ont servi absolument à rien (conduite de réunion, travailler avec des aesh, pilotage pédagogique). Je reste toujours en attente de documents ou d’aides concrets à la mise en place, mais non : il nous faut personnellement tout réinventer !

Et la formation management d’équipe, c’est pour quand ? Car oui, avec ces nouvelles missions, apprendre à gérer une équipe… ça s’apprend, et pas que sur le tas (spécialité de l’éducation nationale).

En conclusion : une nouvelle reconnaissance, oui avec plaisir. De nouvelles missions, certes volontiers, mais avec une contrepartie juste, à la fois financière et temporelle, comptabilisée dans la retraite, et non pas sous forme de primes lancées à la volée. Des missions supplémentaires, pour des personnels de catégorie A, cela mérite au minimum une revalorisation salariale au même niveau que les cadres A+ de la fonction publique. Ce qui n’est clairement pas le cas aujourd’hui !

Le métier d’enseignant ne fait déjà plus rêver (cf les difficultés de recrutement), mais que dire dans ce cas du métier de directeur ?

Merci au S2dé pour son soutien actif à notre sujet.

Retour 16 : Je suis directrice depuis 3 ans seulement donc je n’ai exercé que sous la loi Rilhac.

Notre école a ouvert il y a 3 ans à 4 classes, nous serons 9 classes plus un dispositif ULIS à la rentrée prochaine. Dispositif ULIS dont nous avons appris l’existence par de futurs parents d’élèves qui m’ont contactée pour avoir des infos pour y inscrire leur enfant…je n’étais pas au courant, le CSA n’avait pas encore eu lieu …

Si en soit il est intéressant que les fonctions de direction aient été référencées dans un document officiel, rien n’a été prévu pour nous donner les moyens de remplir cette fonction correctement. Ni en reconnaissance financière, ni en temps pour le mener à bien. La direction c’est un métier à plein temps! Comment assurer toutes ces missions avec si peu de temps de décharge! N’oublions pas que nous avons 2 métiers tous les deux très exigeants et nécessitant beaucoup de temps de travail sur notre temps personnel. 100% directrice et 33 % de temps pour assumer cette fonction/ 77% en classe… le temps de préparation réduit à peau de chagrin car « happée » par les exigences et les urgences de l’école. 

Une chose positive tout de même : le gain d’un trimestre pour passer les échelons…intéressant pour les plus jeunes directeurs. Personnellement, je suis échelon 6 HC, aucune idée de quand je pourrai passerai à la classe exceptionnelle…si je comprends bien je dois attendre de gagner à la « loterie des promouvables/promus »… je risque de végéter à cet échelon pendant un long moment!

La liste des missions étant très exhaustive, cela permet à l’institution de charger encore plus la mule, de nous rajouter des tâches : « cela rentre dans vos missions »

La médecine scolaire est débordée, parfois  inexistante… Allez hop vous allez être responsables des PAI asthme, sans oublier tous les autres à rédiger, faire signer, renvoyer…

Les enseignants référents sont débordés ? C’est à vous de rédiger les invitations aux ESS…

L’enseignant référent est absent non remplacé ? C’est à vous d’assurer les ESS même pour une  très longue période, sans avoir les compétences nécessaires pour répondre au mieux aux besoins de nos élèves.

Les exemples sont nombreux. Il y a toujours un moyen de rattacher les manques à nos missions et nous en donner la responsabilité.

Certains changements peuvent être problématiques : 

Un exemple dans le lien avec les ATSEM. L’autorité fonctionnelle (en tout cas dans ma circo) ne leur a pas été présentée par leur responsable. Du coup elles ont du mal à accepter certains changements. Pour elles ce qui vaut loi est la « charte des ATSEMS » de la commune.

Venons en maintenant au « pilotage pédagogique »… La réalité du terrain fait que le temps que l’on peut y consacrer est minime. Bien regrettable car la pédagogie est l’essence même de notre métier. Cela ressemble plus à devenir formateur de l’équipe en prêchant la bonne parole du ministère. Je ne suis pas formatrice, ce n’est pas une formation très descendante de 2 heures, au mieux, sur des sujets vastes, importants qui me permet de former, euh piloter devrais-je dire,  l’équipe. Pour cela il me faudrait du temps pour pouvoir y réfléchir en amont, apporter des documents et éléments à l’équipe. Je ne peux initier, impulser sans avoir un minimum de connaissances (autre que les PDF de la circo),  sur le sujet.

Cette loi est une fois de plus établie sans les moyens qui vont avec, cela nous charge encore plus, alourdit les charges mentales qui impactent beaucoup notre équilibre personnel voire notre santé. Cette fonction de directrice me plait vraiment, mais je suis épuisée.

De mon point de vue, les améliorations prioritaires à apporter:

  • Les décharges: 50 % pour les écoles de moins de 4 classes, 75% de 4 à 8, 100% à partir de 9 classes. Tenir compte aussi du fait qu’en école primaire il y a plus de travail qu’en école maternelle ou élémentaire.
  • Pour tout dispositif, toute particularité de l’école nécessitant du temps de travail en plus, du temps de décharge supplémentaire
  • Un salaire et non une prime. Un vrai salaire de directeur et non un salaire d’enseignant avec un peu « d’argent de poche « pour la direction. 
  •  Nous alléger de certaines missions lourdes et pour lesquelles il ne me semble pas être légitime
  • Simplifier les tâches administratives en tout genre, ou avoir une aide administrative.

Merci à vous pour votre travail !

Retour 15 : Ce message fait suite au bilan sur la loi Rilhac que nous subissons depuis 3 ans surtout.

Je suis directrice depuis 21 ans en changeant 3 fois d’école et pour autant j’abandonne cette fonction et participe au mouvement  pour m’en débarrasser tellement je n’en peux plus de cette fonction.

On nous demande d’être pilote et formateur de notre équipe sans pour autant être formé nous même à cela. 

La surcharge mentale que cela représente est terrible et j’ai d’ailleurs craquée cette année en étant obligée de me mettre ne arrêt pendant 6 semaines, ce qui ne m’est jamais arrivé dans toute ma carrière.

La charge administrative et la somme de tous les projets théoriques que l’on nous demande est vraiment trop lourde et je n’en peux plus alors que je suis dans une petite école rurale depuis 12 ans et que j’ai une équipe stable sur laquelle je peux compter. 

C’est fini, je n’y crois plus, je demande un poste de TR et je croise les doigts pour obtenir quelque chose au mouvement avant de démissionner totalement de l’éducation Nationale.

C’est dommage mais j’ai compris que je devais me préserver avant tout comme notre système ne pense pas du tout à notre bien-être.

Retour 14 : Bonjour. Très clairement, il nous est demandé :

  • d’animer des formations au sein de l’école : sur les 18 heures, environ la moitié se déroule « en école ». Je suis titulaire du CAFIPEMF, mais ce n’est pas le cas de tous les directeurs, et cela demande un temps de préparation conséquent ;
  • d’assurer le pilotage pédagogique, d’analyser les résultats des évaluations et de définir des stratégies d’école, qui devront ensuite être évaluées. Cela implique également de déterminer des critères d’évaluation de l’efficacité pédagogique.

Bref, des missions importantes et chronophages qui s’ajoutent à celles de secrétaire / concierge (ouverture de la porte), d’intendant, de CPE, de surveillant à l’occasion (en cas d’absence d’un collègue), d’infirmière (gestion des PAI, soins des petites blessures, accueil des enfants malades, appel aux familles), ainsi qu’à la gestion des équipes sur le temps scolaire (ménage, techniciens, lien avec le périscolaire), au suivi des EBEP et de l’inclusion (relations avec les partenaires : SESSAD, soins, transport), etc.

Et ce, sans temps supplémentaire.

Pour ma part, je suis totalement déchargée (13 classes), mais le travail déborde de toutes parts et les missions ne cessent de s’ajouter. J’ai été directrice d’une école maternelle de 3 classes, puis de 4 classes : à l’époque, une heure par jour me suffisait (peu de mails, un peu de courrier – BO et publicités –, des inscriptions entièrement sur papier…).

Avant l’augmentation du temps de décharge et la loi Rilhac, j’ai dirigé une école de 13 classes (maternelle + élémentaire) avec une demi-décharge, puis 14 classes (décharge totale), puis à nouveau 13 classes avec 75% de décharge, et enfin une décharge totale. Pourtant, j’ai aujourd’hui le sentiment que les exigences ne cessent d’augmenter.

Par ailleurs, l’aide apportée varie fortement selon les communes. Dans certaines, j’ai pu bénéficier de personnel municipal sur le temps scolaire : agent de service quasi permanent, concierge ou RTGS dans les plus grandes communes. Certains collègues disposent même d’un secrétariat financé par la mairie.

Pour ma part, je suis seule, et j’assume donc un rôle de factotum, ce qui peut être pesant : ramasser le vomi d’un enfant malade, changer un élève de CP après un accident, rentrer les conteneurs à poubelles en l’absence de l’agent municipal, sécuriser la cour après un épisode venteux, dépanner le photocopieur, monter sur une échelle pour redémarrer la box internet dans la baie de brassage (faute de quoi il faut partager sa connexion personnelle), etc.

Ainsi, la journée est accaparée par ces tâches, et il faut attendre le soir, le mercredi ou le week-end pour se consacrer réellement aux missions de direction telles que définies par la loi Rilhac.

Je précise que je dispose d’une équipe agréable et volontaire, et que je n’ai que très rarement à faire usage de mon autorité fonctionnelle. Toutefois, certains collègues rencontrent des difficultés : tous les adjoints n’ont pas intégré l’évolution du métier de directeur et conservent des représentations ou des attentes qui ne correspondent plus aux missions actuelles. Par exemple, lors de la définition de la structure de l’école, on entend encore que « si une majorité se dégage en conseil des maîtres, le directeur n’a pas à donner son avis », ou encore que « l’ancienneté prime systématiquement dans l’attribution des niveaux ».

Il me semble que les directeurs seraient aidés si tous les adjoints connaissaient précisément leurs missions et prérogatives.

J’espère que les choses évolueront dans le bon sens.

Merci pour votre aide.

Retour 13 : Je souhaiterais donner mon avis sur le point « évaluation des directeurs ». Pour moi ce n’est pas intéressant et valorisant pour les directeurs qui ont plus de cinq ans de fonction de direction d’ être évalué. Cela engendre à mon avis un stress supplémentaire  surtout s’il n’y a aucun avantage. 

Même si les remplacements pour décharge sont nécessaires on sait bien que nous n’aurons jamais tous ce qu’il faut, autant insister sur la revalorisation qui motiverait  davantage les gens à rester. 

Retour 12 : Mon bilan est sans appel. Cette loi n’a fait qu’alourdir les missions du directeur. Le pilotage est une fumisterie.

Personnellement,  je passe de 6 à 5 classes élémentaires, donc de 33 à 25% de décharge. Avec quasiment le même nombre d’élèves.

Notre école de station de ski perd sa classe saisonnière mais il y aura toujours 30 enfants arrivant entre début novembre et début janvier, à accueillir au mieux.

C’est un travail énorme ne serait-ce que pour les certificats de radiation. Et vu l’actualité à ce sujet, ça donne pas envie de rire.

La loi Rilhac accable les seuls directeurs. A quand une explication claire et nette aux adjoints que le directeur n’est pas un factotum.

M’approchant de la retraite je vois que la part apportée pour 25 ans de direction est infime… soit même pas 65 euros par mois sur ma future pension. Une honte.

La revalorisation ignore complètement les directeurs avec de l’ancienneté et les 3 mois de bonification ne m’auront servi qu’une fois.

Je vous grâce des changements imposés par l’institution où les directeurs sont des pions.

Donc je ne vais pas poursuivre cette mission qui dégrade ma santé et mon estime de moi. Bien cordialement,  Un directeur au bout du rouleau.

Retour 11 : Concernant la loi Rilhac: Elle a permis à certains IEN de se défausser de leur rôle de supérieur hiérarchique pour laisser les directions se débrouiller avec les situations problématiques. Est-ce que la loi Rilhac a dispensé les IEN de faire des réponses écrites aux directions quand on les sollicite ? Manifestement, notre IEN le pense.

Bref, la loi Rilhac a surtout isolé davantage les directeurs et directrices.

Retour 10 : Directrice depuis une quinzaine d’années, je constate que les tâches administratives prennent une place de plus en plus importante. En étant également en charge d’une classe, le temps vient cruellement à manquer.

Chaque jour, nous jonglons entre le temps à accorder à nos propres élèves, à ceux de l’école, aux mails, aux sollicitations multiples, aux demandes institutionnelles ou des partenaires. 

-> Directeurs à 100 % et chargée de classe à 77 %, un(e) mathématicien(ne) conclurait que cela représente 177 % de temps de travail. Et n’importe qui trouverait que cela fait beaucoup pour une seule journée ordinaire. Certes, on pourrait travailler a minima, mais ce n’est pas le cas : les directeurs et directrices sont profondément engagés dans leur mission.

Je suis déchargée à 33 %, ce qui devrait me permettre d’assurer le suivi quotidien de l’école. Mais la réalité est tout autre : les équipes éducatives se tiennent le soir après la classe, les conseils de maître(sse)s sur la pause méridienne, il faut piloter l’équipe avec justesse, suivre les formations de directeurs (le mercredi, sur la pause méridienne ou le soir) et celles d’équipe — que je ne regrette pas car elles sont enrichissantes —,…. mais qui empiètent en réalité sur le temps personnel.

Que dire des fins de journée qui s’étirent régulièrement entre 18 h et 19 h pour les tâches de direction ? Des vacances consacrées à anticiper la période suivante, pour tenter d’être prête face à l’imprévu qui viendra inévitablement bouleverser ce qui a été préparé ?

Des journées qui commencent à 7h30 et qui finissent vers 19h00 sans réelle pause…

Du temps, du temps… c’est ce qui manque le plus. Du temps pour réfléchir, pour mener à bien mes missions auprès des élèves, des parents, des collègues, de la mairie, de la communauté de communes, de l’institution. Du temps pour lever la tête de l’ordinateur, pour accompagner les collègues, proposer des temps d’échange de pratiques, construire ensemble.

Du temps de décharge, voilà le besoin essentiel. Mes 33 % me permettent parfois d’avoir deux jours dans la semaine, et là, la différence est réelle: je suis directrice à 100% ces jours là. Mais cela n’arrive qu’une fois toutes les trois semaines, et ces journées servent surtout à rattraper le retard accumulé.

Du temps… Je crains que l’aide administrative ne soit jamais au rendez-vous. Pourtant, la baisse démographique, bien réelle, devrait aussi bénéficier aux directeurs hors REP, hors des grandes écoles des capitales où les règles sont différentes et les décharges sont déjà complètes.

Mais tout cela relève de choix Politiques forts…

Retour 1 : voici mon retour par rapport à la loi Rilhac.

La loi Rilhac a indéniablement permis de clarifier le rôle et les missions du directeur d’école. Toutefois, elle reste encore insuffisamment connue des enseignants adjoints comme des partenaires, ce qui entraîne une perception parfois inexacte de nos fonctions.

Par ailleurs, les évolutions associées à cette loi s’accompagnent d’attentes accrues, notamment en matière d’accompagnement et de formation des équipes sur diverses thématiques (EVAR, égalité filles-garçons en mathématiques, nouveaux programmes). Or, si le directeur est reconnu comme pilote pédagogique, cette responsabilité ne saurait être assimilée à celle d’un formateur. Nous ne disposons ni des outils adaptés, ni du temps nécessaire pour concevoir et animer de véritables actions de formation au sein des équipes.

Enfin, la question du temps constitue un enjeu majeur. Pour exercer pleinement nos missions, il est indispensable de pouvoir disposer de temps d’échange et de travail avec les collègues, en particulier dans les écoles de taille importante.

En conclusion, si cette loi était nécessaire, elle doit encore être mieux connue et reconnue par l’ensemble des acteurs. Elle ne doit pas conduire à nous attribuer des missions qui ne relèvent pas de nos compétences, et suppose que des moyens adaptés, notamment en termes de temps, soient réellement accordés.Je vous remercie pour le relais et le travail effectués, bien cordialement.

Retour 2 : Directeur d ‘une petite école à 2 classes, en milieu rural , en RPI, depuis 2023, je trouve que la loi Rilhac s’adresse plus à de grosses structures ( écoles avec de nombreuses classes, où le directeur est déchargé partiellement ou entièrement ).
Dans ma petite école, je ne me sens pas le « supérieur hiérarchique » de ma collègue.
Je ne me vois pas lui imposer des contraintes pédagogiques , ou des répartitions qu’elle n’aurait pas voulu.
Nous travaillons en bonne intelligence, sur un pied d ‘égalité .
Je n’ai d’ailleurs pas choisi d ‘être directeur pour être le supérieur de mes collègues…
Concernant la formation initiale, elle a été à l’image de l’éducation nationale : au rabais.
Des intervenants inintéressants, des choses qu’on savait déjà tous car nous faisions déjà  » office de… »

Quand on nous parlait « d’animer une équipe », nous qui étions tous dans des petites écoles rurales avec 2 ou 3 collègues max, cela nous faisait bien rire…
Quand je demandais d’avoir des  » billes « pour animer une réunion, ou résoudre des relations conflictuelles avec des parents, par le biais de la psychologie , de l’analyse transactionnelle par exemple , on m’a répondu qu’ils n’avaient pas le personnel formé pour ce genre de formation…

Bref, à part la reconnaissance salariale et l’avancement, je trouve cette loi au rabais, encore une fois, où l’on nous en demande plus sans nous en donner les moyens…
Je me tiens à votre disposition , si vous souhaitez d ‘autres informations, et bravo encore pour votre boulot !

Retour 3 : Bonjour. Retour sur la loi RILHAC.

Ce qui manque encore concrètement

Clarifier et renforcer l’autorité fonctionnelle

La loi parle d’autorité fonctionnelle mais sans la définir précisément, ce qui crée des ambiguïtés au quotidien :

  • Un directeur ne peut toujours pas imposer un choix pédagogique ou organisationnel à un collègue récalcitrant
  • Il n’a aucun levier en cas de conflit persistant avec un enseignant de son école
  • Il faudrait définir dans les textes ce que recouvre concrètement cette autorité (qui peut faire quoi, dans quel cadre)

Un vrai statut distinct d’enseignant

C’est le nœud du problème :

  • Le directeur reste juridiquement un enseignant avec mission, pas un cadre
  • Il n’a pas de positionnement clair dans la hiérarchie entre l’IEN et les enseignants
  • Créer un vrai corps ou statut intermédiaire (comme le chef d’établissement dans le secondaire) donnerait une légitimité institutionnelle réelle. Attention avec la fonction, pas un nouveau corps … Pourquoi ? Si on en a ras le bol, on peut devenir enseignant.
  • Cela impliquerait une formation spécifique à la direction, obligatoire et certifiante
  • Instruit les dossiers transmis par les directeurs d’école aux IEN  (accidents scolaires, incidents, convention stagiaires 3ème/ 2eme/1ere lycée etc.) … pourquoi avec l’accord de l’IEN ? 
  • Décret « Attal » – Pourquoi pour le changement d’école d’un élève avec l’accord de l’IEN ? 

Les décharges : encore insuffisantes pour toutes les écoles. 

  • En-dessous de 4 classes, les décharges restent très faibles voire inexistantes
  • Un directeur d’une école à 2 ou 3 classes gère seul toute l’administration tout en assurant une classe presque à temps plein
  • Il faudrait abaisser le seuil à partir duquel une décharge est accordée
  • Par un autre exemple: dans le 93 direction d’école avec 11 classes hors rep 275 élèves … décharge 50% comment gérer une école quasi un petit collège seul avec une classe en plus ?
  • . Les référents administratifs : promesse non tenue

La loi Rilhac prévoyait des personnels administratifs dédiés pour soulager les directeurs des tâches purement bureaucratiques (Onde, dossiers élèves, courriers…) :

  • Le déploiement est très inégal selon les départements
  • Beaucoup de directeurs n’en bénéficient toujours pas
  • Il faudrait généraliser et pérenniser ces postes

La charge mentale et la responsabilité sans les moyens

  • Le directeur est responsable de la sécurité, du PPMS, du registre de sécurité, de l’accueil des élèves en situation de handicap…
  • Mais sans budget propre, sans secrétariat, sans adjoint
  • Il faudrait aligner les responsabilités avec les moyens réels accordés

La formation à la direction

  • Elle reste courte et souvent insuffisante avant la prise de poste surtout en numérique ….
  • Aucun concours spécifique, pas de parcours professionnalisant obligatoire
  • Un cursus de formation structuré (gestion d’équipe, droit scolaire, gestion de crise, relation avec les collectivités) serait nécessaire

La vraie question derrière le statut de direction est la structure de l’école ? EPLE ou non …. 

Bien à vous.

Retour 4 : Même si cette loi a l’avantage de poser le statut nouveau du directeur notamment en ce qu’il doive veiller au bon fonctionnement de l’école et au pilotage pédagogique de son équipe, pour autant, elle n’assortit pas ce statut des leviers nécessaires pour le faire.

Nombre d’enseignants arguent des nouvelles fonctions du directeur dans le but de se décharger de toutes les tâches administratives qui sont déjà toujours plus envahissantes avec des plateformes qui changent dès qu’on en maîtrise le fonctionnement. La vie privée est ainsi encore plus impactée par les tâches de direction.

De plus les enseignants brandissent leur liberté pédagogique lorsque l’on tente de piloter et d’inciter à de nouvelles pratiques pédagogiques sur la base des chiffres des évaluations nationales. 

Quant aux évaluations externes censées aider le directeur à piloter en conseillant des axes de travail, elles ne sont que purement indicatives et si l’équipe ne souhaite pas s’en emparer, il demeure difficile de faire bouger les lignes, surtout sans autorité hiérarchique.

Et quand bien même le directeur se verrait attribuer une autorité hiérarchique, qu’est-ce que cela changerait ? Il n’y a qu’à constater le peu de marge de manœuvre qu’ont les inspecteurs quand un enseignant dysfonctionne ou a un fonctionnement qui impacte négativement le travail d’équipe.

Retour 5 : Concernant mon appréciation de cette loi, force est quand – même de constater qu’elle s’inscrit surtout dans le développement de ce « new management » cher à nos ministres de l’Education. Car quelles sont les contreparties réelles à ce surcroît de responsabilités ? Du temps de décharge en plus ? Si peu et pour quelques-uns seulement. Une revalorisation financière ? Même réponse. Une réelle autonomie dans la gestion des conflits ou la lutte contre l’absentéisme ? Pas davantage.

On voudrait en fait nous faire évoluer vers une fonction de vrai cadre (ce « pilotage pédagogique » ressorti à chaque réunion, voir aussi ce qui est demandé aux candidats à la liste d’aptitude, et le nombre de refus !) avec des 25 % de décharge la plupart du temps, et tout ça pour 150 ou 200 euros par mois. Soyons sérieux. Qui veut se lancer dans cette fonction aujourd’hui ?? Merci.

Retour 6 : Honteuse cette loi qui permet aux directeurs de faire faire la girouette à ses adjoints sans tenir compte de leur ancienneté dans l’école : après 14 ans de maternelle au sein de mon école et étant la plus ancienne dans l’école après ma directrice, cette dernière a décidé unilatéralement de me propulser en CM2, son niveau actuel et de prendre le mien MS/GS en fixant un conseil des maitres exceptionnel qui sert juste à acter sa décision sans concertation.

Malgré le soutien de mon inspectrice ,face à cette injustice, qui a demandé à refaire le conseil des maitres, en sa présence, c’est la directrice qui a eu le dernier mot, en imposant sa décision à la tête du client.

Ce n’est pas normal que l’inspection : supérieure hiérarchique, ne puisse pas  contester les décisions injustes et irresponsables puisque des élèves de maternelle vont se retrouver avec une directrice qui n’a jamais fait de maternelle et des élèves de CM2 avec une maîtresse qui n’a jamais exercé en cycle 3.

Retour 7 : La loi Rilhac comportait des points intéressants pour les décharges de direction, avec notamment dans mon cas (9 classes) une décharge totale avec une mission d’enseignement type « plus de maître que de classe ».

Je trouvais cette idée très bonne puisqu’elle m’aurait permis d’avoir plus de temps tout en me laissant connectée à l’enseignement.

Malheureusement, seuls les points négatifs ont été actés : 

– pilotage = plus de charge de travail, des collègues qui n’apprécient pas le changement et le font sentir en réunion, le statut prépondérant des évaluations nationales, nouvelle pierre angulaire de notre métier (!!!)

– formation obligatoire : on tourne en rond sur les mêmes sujets. Cette semaine encore, j’ai passé 3h dont j’aurais eu bien besoin (il est 18h48 et je suis encore à l’école) pour finir Affelnet par exemple, en formation pour savoir comment et quand faire une IP ou un signalement. Je suis directrice depuis 20 ans…

On nous demande de travailler plus, sans temps supplémentaire, sans rémunération supplémentaire.

Encore une fois, j’ai bien l’impression d’être le dindon de la farce…

Merci pour votre soutien aux directeurs, ça fait du bien. Je prévois d’adhérer l’année prochaine.

Retour 8 : Voici mon retour concernant la loi Rilhac.

Directrice d’une école 8 classes, dont une ULIS, j’étais pleine d’espoir lors de la mise en place de la loi Rilhac ;  j’ai cependant été rapidement déçue.

Hormis un coup de pouce financier et une accélération de carrière — dont je n’ai pas encore réellement bénéficié puisqu’elle est rétroactive — cette loi n’a pas révolutionné mon quotidien de directrice. Après avoir exercé cette fonction pendant la majeure partie de ma carrière (19 ans sur 22), j’espérais que l’expérience acquise, associée à un allègement des tâches administratives, me permettrait de mieux gérer la charge de travail. Cela n’a pas été le cas.

Concernant le statut, pourtant demandé et attendu depuis de nombreuses années, je n’ai pas constaté de changement significatif. Dans mon école, il reste difficile de faire comprendre ces évolutions à mes collègues. J’ai sollicité l’IEN afin qu’il informe l’ensemble des adjoints, mais, en dehors de quelques diapositives présentées en réunion de directeurs — qu’il nous revient de relayer — rien de concret n’a été mis en place. Il aurait été pertinent que les IEN annoncent officiellement ces changements et clarifient les missions des directeurs, anciennes comme nouvelles. Les prises de décisions légitimées par la loi auraient ainsi été mieux comprises et perçues comme moins autoritaires par les collègues.

Aujourd’hui, je n’ai pas le sentiment d’être davantage reconnue, ni par mes collègues ni par ma hiérarchie. Heureusement, je travaille au sein d’une équipe bienveillante, ce qui permet de maintenir un fonctionnement serein.

En revanche, la charge de travail ne cesse d’augmenter. Je croule sous les demandes administratives : sondages, remontées de tableaux/chiffres, sollicitations de l’IEN pour les maintiens, en contradiction avec le rôle décisionnaire du conseil des maîtres (hors MDPH), gestion des voyageurs, … . À cela s’ajoutent les nombreuses réunions (ESS, équipes éducatives), ainsi que des nouvelles missions (EVAR, nouveaux programmes, pHARe).

Enfin, le pilotage de l’école, auquel je crois profondément, m’est demandé sans que je dispose réellement de la formation, des outils ni du temps nécessaires pour l’exercer pleinement.

Parallèlement, je dois assurer ma classe (avec une décharge de 33 %), mais une grande partie de mon temps est absorbée par des tâches périphériques. Je travaille beaucoup, trop, et cette charge s’est encore accrue depuis la loi Rilhac.

Je croyais en ce statut, mais je n’avais pas anticipé qu’il m’enfermerait dans une fonction toujours plus chronophage et épuisante. J’apprécie cette fonction, mais à quel prix… 

J’ai également été membre du GDDE ; ce fut une expérience enrichissante. Ce groupe perdure aujourd’hui, mais l’impact est modéré. Du temps où j’y étais, la plupart de nos propositions était impossible à mettre en place, faute de moyens (informatiques, RGPD, …). 

J’espère que ce témoignage sera utile. 

Retour 9 : la loi Rilhac de décembre 2021 et ses conséquences sur la charge de travail des enseignants en petite école

Depuis la promulgation de la loi Rilhac en décembre 2021, les enseignants, et particulièrement ceux exerçant dans les petites écoles de trois classes, se retrouvent confrontés à une charge de travail administrative et organisationnelle toujours plus lourde. Cette réforme, bien qu’elle vise à moderniser l’école et à renforcer le pilotage pédagogique, a en réalité multiplié les missions des directeurs d’école, souvent sans leur accorder les moyens humains ou le temps de décharge nécessaires.

Une accumulation de responsabilités
En plus de leur cœur de métier – enseigner –, les directeurs d’école doivent désormais assurer un pilotage pédagogique renforcé, gérer des obligations administratives croissantes (suivi des élèves, évaluations, projets d’école, etc.) et endosser la responsabilité du personnel (formation, gestion des emplois du temps, etc.). Dans les petites écoles, où les effectifs sont réduits et les ressources limitées, cette accumulation de tâches devient rapidement ingérable.

Un temps de décharge insuffisant
La loi Rilhac prévoit bien des temps de décharge pour les directeurs, mais ceux-ci sont souvent insuffisants, surtout dans les écoles de trois classes. Le temps alloué ne permet pas de couvrir l’ensemble des missions supplémentaires, ce qui conduit à un empiètement constant sur le temps d’enseignement, sur les soirées ou sur les week-ends. Le métier d’enseignant, déjà exigeant, se trouve ainsi relégué au second plan, au profit de tâches de gestion et de coordination.

Un sentiment d’être dépassé
Face à cette situation, de nombreux enseignants-directeurs expriment un sentiment de dépassement, voire d’épuisement. Le manque de reconnaissance de cette surcharge, ainsi que l’absence de solutions concrètes pour allouer davantage de moyens, aggravent encore cette situation. Il devient urgent de repenser l’organisation du travail dans les petites écoles, afin de permettre aux enseignants de se recentrer sur leur mission première : l’accompagnement et la transmission auprès des élèves.