
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Menaces contre les directrices et directeurs d’école : une demande d’audience urgente au ministre
L’agression verbale cette semaine d’une directrice d’école dans l’Yonne, menacée devant l’établissement par un parent d’élève, n’est malheureusement pas un cas isolé.
Le 4 septembre dernier, au Fauga, en Haute-Garonne, un père d’élève a menacé de décapitation une enseignante sur le parking de l’école, avant de réitérer ses menaces à l’intérieur de l’établissement, devant la directrice elle-même. Il a été condamné à 6 mois de prison ferme avec incarcération immédiate, une sanction rare, que le tribunal a justifiée par la gravité et la violence extrême des propos tenus.
Partout en France, des enseignants, des personnels, des directrices et directeurs d’école témoignent d’une dégradation continue de leurs conditions d’exercice : insultes, intimidations, menaces y compris de mort, proférées au portail de l’école, parfois devant les enfants eux-mêmes. Ces personnels, souvent seuls face à ces situations, alertent depuis des années sur un sentiment d’isolement et d’abandon institutionnel.
Les dispositifs d’accompagnement existants (signalements, cellules d’écoute, rappels au cadre légal) ne suffisent plus à endiguer une violence qui s’installe durablement et qui menace directement leur sécurité, leur santé et, à terme, leur volonté de continuer à exercer ces fonctions de direction.
Face à cette situation, nous demandons à être reçus dans les meilleurs délais par le ministre de l’Éducation nationale afin de :
- dresser un état des lieux précis des violences et menaces subies par les directrices et directeurs d’école
- obtenir des engagements concrets sur la protection juridique, physique et psychologique des enseignants, AESH, ATSEM, directrices et directeurs d’école…
- discuter des moyens humains et matériels nécessaires (sécurisation des accès, soutien hiérarchique immédiat, accompagnement psychologique)
- garantir que chaque menace fasse l’objet d’un signalement systématique et d’une réponse institutionnelle rapide et visible.
La sécurité de celles et ceux qui dirigent nos écoles ne peut plus être traitée au coup par coup. Les faits de l’Yonne comme ceux du Fauga montrent qu’il y a urgence à agir.
Le #S2DÉ demande en urgence une réunion avec le ministre.
Thierry PAJOT, Secrétaire National du Syndicat des Directrices et Directeurs d’École



