Dès l’année scolaire 2026-2027, nous aurons dans nos écoles des stagiaires issus de la réforme…

Présentation mercredi 21 mai aux OS au ministère de la future formation des lauréats du CRPE et la répartition des postes via un document de travail : 

Selon le diplôme obtenu avant la réussite au concours, voici la formation prévue :

  • Les titulaires d’une L3 ou équivalent suivront bien deux années de formation et « seront nommés pendant un an comme élève fonctionnaire en M1 (première année de master) avec des stages d’observation, avant un passage en M2 (deuxième année de master) pendant un an (sauf en cas d’insuffisance manifeste) en tant que fonctionnaire stagiaire (classement dans le corps avec prise en compte des services antérieurs) et une mise en responsabilité à hauteur de 50 % ». 
  • Les lauréats déjà titulaires d’un M1, ils seront traités différemment selon le parcours universitaire et professionnel antérieur : soit nommés dans les mêmes conditions que les lauréats de L3, soit directement en M2 pendant un an comme fonctionnaire stagiaire (classement dans le corps avec prise en compte des services antérieurs) avec une mise en responsabilité à hauteur de 50 %.
    Le document de travail précise les modalités envisagées pour « apprécier l’adéquation entre le M1 validé et les fonctions d’enseignement ou d’éducation exercées » :
    – la mise en place de commissions académiques,
    – des instances collégiales permettant d’apprécier les acquis du M1 et leur adéquation aux exigences pédagogiques,
    – une expertise académique collective dans un contexte de grande diversité des parcours universitaires, avec la multiplication des mentions connexes ou interdisciplinaires,
    – une garantie procédurale pour les candidats.
  • Pour les lauréats titulaires d’un M2, il est prévu une nomination en qualité de stagiaire avec une formation adaptée pendant un an, avec une mise en responsabilité à hauteur de 50 % ou de 100 % selon le parcours universitaire et professionnel antérieur.

Dans le 1er degré, le département d’affectation des lauréats des concours bac+3 titulaires d’une licence et qui bénéficieront de 2 années de formation « sera déterminé par le recteur d’académie pour la première année en qualité d’élève fonctionnaire ». 

La 2e année de formation, ils seront nommés en qualité de fonctionnaire stagiaire et affectés dans le même département, comme il est stipulé dans le décret portant cette réforme.

La formation des enseignants au niveau master reposerait sur 4 axes, nourris « des savoirs issus de la recherche ». Ils sont identiques à l’an passé :

  • Conception et mise en œuvre des apprentissages
  • Adaptation à la diversité des élèves et des contextes
  • Inscription de l’acte d’enseigner dans le cadre du service public d’éducation
  • Initiation à la recherche et engagement dans une dynamique de développement professionnel continu.

Le projet de cadrage préserve également une marge pour adapter la formation au contexte local et au « projet d’établissement » : chaque master pourra « faire des ajustements à hauteur de 5 % du volume horaire global pour prendre en compte des spécificités du territoire (en lien avec les champs de recherche portés par l’université, les enjeux liés aux spécificités territoriales, etc.).

Il ne s’agit toutefois pas d’heures en plus », donc il faudra l’intégrer au sein des différents blocs, est-il précisé. L’idée était déjà présente l’an dernier, avec un volume plus important : « au moins 60 h » pour les mentions 1er degré et CPE ; « au moins 50 h » pour la mention 2nd degré.

Concernant le futur master M2E « professorat des écoles », le volume horaire diffère en fonction du profil des étudiants :

  • Lauréats issus de la licence LPE (Licence Professorat des Ecoles) : le volume horaire annoncé est de 1 510 h de formation, dont 450 h de cours en M1 et 250 h en M2, plus 324 h de stage en M1 et 486 h en M2. Le volume horaire de cours s’élève donc à 700 h sur cette catégorie, soit 60 h de moins que dans le projet de l’an dernier.
  • Lauréats non issus d’une LPE : il est prévu un volume global plus élevé que pour ceux ayant suivi une LPE (1 590 h), du fait d’un volume de cours plus conséquents en M1 (530 h). 

Concernant l’organisation des stages, le document préconise « d’avoir un volume horaire en M1 permettant d’organiser les enseignements de master sur 3 jours par semaine afin de pouvoir au besoin proposer des expériences de stage filé durant deux journées », bien que les stages puissent également se dérouler en mode massé (2 à 4 semaines).

Dans la même logique, il est demandé de ne pas dépasser les 2 jours de cours consécutifs sur le M2.

Pour les étudiants n’ayant pas validé une LPE, la répartition des cours via 4 blocs est la suivante (780 h et 120 ECTS au total sur les 2 années) :

Bloc 1 – Concevoir, mettre en œuvre et évaluer des situations d’enseignement-apprentissage à l’école primaire. L’importance de ce bloc au sein de la formation augmente de manière drastique, en passant d’un volume de 350 h (54 ECTS) à 480 h (60 ECTS). Se voulant disciplinaire et didactique, il revendique un « accent mis sur le français et les mathématiques ». L’objectif est notamment de « concevoir des situations d’enseignement-apprentissage (séances et séquences) à mettre en œuvre en stage (définition des objectifs, des dispositifs pour faire apprendre, des modalités d’évaluation, etc.) » et de « choisir les méthodes pédagogiques adaptées à chaque niveau d’enseignement ainsi qu’aux différents objets d’enseignement en stage », ainsi que d’intégrer le numérique dans la pratique du métier.

Bloc 2 – Adapter sa pratique professionnelle à la diversité des élèves et au contexte d’exercice. Le volume d’heures de ce bloc reste le même (120 h), avec quelques ECTS en moins (16 au lieu de 20). Il vise à « connaître et prendre en compte la diversité des élèves ». Le but est aussi « d’inscrire son action dans une continuité du parcours de l’élève de l’école à l’enseignement supérieur ». Au moins 18h doivent être consacrées à l’égalité entre les filles et les garçons, et au moins 25h pour la prise en charge des élèves en situation de handicap. L’objectif est également d’ « acquérir une culture de l’évaluation », d’intégrer « de manière raisonnée les usages de l’IA pour enseigner », ou encore « de mettre en œuvre des pratiques professionnelles visant la qualité du climat scolaire, la lutte contre le harcèlement », etc.

Bloc 3 – Agir dans le cadre de la communauté éducative et du service public de l’éducation nationale. La montée en charge du premier bloc se fait notamment au dépend de celui-là : le volume d’heures passe de 120 h à 100 h, avec 12 ECTS au lieu de 20. Le but est de « connaître les droits et les devoirs du fonctionnaire » et d’inscrire « son action dans les valeurs et principes de la République ». L’étudiant apprendra aussi à « adapter sa posture professionnelle et intégrer les dimensions éthiques et déontologiques du métier, identifier et résoudre des dilemmes professionnels », ou encore « construire des relations de qualité avec les familles ».

Bloc 4 – S’engager dans une démarche de développement professionnel. Ce 4e bloc est également bien raboté, en passant de 120 h à 8 0h, avec 12 ECTS et non plus 26. Il est prévu « d’entrer dans une dynamique d’auto-formation en mobilisant des ressources institutionnelles, pédagogiques et scientifiques pour se former (notamment à distance) » et d’obtenir une « certification du niveau de maîtrise des compétences numériques (CRCN edu) ». Il est également indiqué que les étudiants réaliseront un « mémoire de master », terme absent du projet de cadrage de l’an dernier. La définition donnée est la suivante : « étude scientifique d’un objet professionnel en lien avec l’exercice du métier de professeur des écoles, familiarisation avec les méthodes et les résultats de la recherche ». Pour rappel, lors des annonces sur la réforme par le Premier ministre François Bayrou et la MENESR Élisabeth Borne, il avait été annoncé que les « étudiants stagiaires seront dispensés du mémoire de recherche mais produiront un mémoire de stage ».

Enfin, à noter qu’il est prévu que le stage de responsabilité en M2 compte pour 20 ECTS, alors que le projet de l’an dernier ne prévoyait pas qu’un stage porte ses propres ECTS.

Rappel : En 1989, il a été décidé à l’échelle européenne qu’un crédit ECTS (European Credit Transfer and Accumulation System) représenterait 30 h de travail.

Sources syndicales et AEF – Image d’illustration faite par IA